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L’Inria et l’Université de Strasbourg structurent leur coopération autour d’un accord-cadre
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L’Inria et l’Université de Strasbourg structurent leur coopération autour d’un accord-cadre

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L’Université de Strasbourg et l’Inria ont signé un accord-cadre prévoyant la création d’une antenne de l’Inria sur le campus strasbourgeois pour structurer une coopération plus étroite en matière de numérique et d’intelligence artificielle. Il s’agit d’obtenir des retombées en matière de recherche, mais aussi pour les entreprises du territoire.

Bruno Sportisse, président-directeur général de l’INRIA et Frédérique Berrod, présidente de l’Université de Strasbourg ont signé l’accord le 16 janvier 2026 — Photo : ©Catherine Schröder/Université de Strasbourg

La signature de l’accord-cadre entre l’Université de Strasbourg et l’Inria est intervenue dans la salle Fustel de Coulanges du Palais universitaire. Cet accord acte la création d’une antenne de l’Inria sur le site strasbourgeois et vise à structurer, dans la durée, une coopération renforcée autour du numérique et de l’intelligence artificielle, avec un objectif clairement affiché : renforcer l’impact de la recherche publique au bénéfice des entreprises.

Pallier les besoins

Pour Frédérique Berrod, présidente de l’Université de Strasbourg, cette signature s’inscrit dans un contexte qui dépasse largement le seul champ académique. "Cet accord accompagne un mouvement géopolitique plus large, dans lequel le numérique, l’intelligence artificielle et la souveraineté jouent désormais un rôle central ", explique-t-elle. L’université entend ainsi consolider ses coopérations dans un environnement où les technologies numériques structurent à la fois l’économie, l’innovation industrielle et l’action publique.

Partenaire de l’accord, Inria, l’Institut national de recherche en sciences et technologies du numérique, est un acteur central de la politique publique française dans ce domaine. L’institut pilote près de 250 projets de recherche à l’échelle nationale, dispose d’un budget annuel d’environ 330 millions d’euros et joue un rôle clé dans la coordination de la stratégie nationale de l’intelligence artificielle portée par l’État. À Strasbourg, l’Inria s’inscrit dans un écosystème déjà structuré, marqué par une forte tradition de recherche partenariale avec l’industrie.

Promouvoir le transfert de technologie

Car le site strasbourgeois ne part pas de zéro. L’Université de Strasbourg dispose déjà de nombreux laboratoires, plateformes technologiques et outils de transfert mobilisés de longue date par les entreprises, notamment dans les domaines du numérique, de la santé et de l’ingénierie. L’un des piliers de cet écosystème est iCube, laboratoire de recherche en sciences de l’ingénieur et du numérique, dont les travaux en intelligence artificielle, imagerie, robotique, capteurs et systèmes intelligents sont régulièrement valorisés dans des projets collaboratifs avec des acteurs industriels, des PME comme des groupes établis.

Faciliter l’accès des entreprises aux expertises de recherche

L’accord-cadre ne vise donc pas à créer de nouvelles capacités ex nihilo, mais vise à mieux articuler des compétences déjà présentes, en leur donnant une gouvernance plus lisible et une capacité accrue à s’inscrire dans les grandes stratégies nationales du numérique.

La création de l’antenne de l’Inria doit permettre de fluidifier l’accès des entreprises aux expertises de recherche, de faciliter le montage de projets communs et d’amplifier les dispositifs existants de recherche et développement, de transfert technologique et d’édition logicielle.

Une structuration pour plus d’efficacité

Pour Bruno Sportisse, président-directeur général de l’Inria, l’enjeu est précisément là. "Nous avons besoin d’un travail structuré avec les universités pour impulser de nouvelles activités et suivre les projets que nous lançons ensemble. L’objectif n’est pas de créer une structure supplémentaire, mais de faire émerger des projets à impact", souligne-t-il.

Des échanges réguliers entre l’université et l’Inria doivent permettre de suivre les projets existants, d’en faire émerger de nouveaux et, le cas échéant, d’aller chercher des financements et des moyens en commun. Pour les entreprises, l’enjeu est d’accéder plus facilement à des compétences de pointe en intelligence artificielle, calcul scientifique ou modélisation, dans un cadre stabilisé et lisible.

"L’impact ne se mesurera pas au nombre de chercheurs présents sur le site, mais aux projets que nous aurons permis de faire émerger", conclut Bruno Sportisse. Sans annoncer de moyens fléchés ni d’objectifs chiffrés immédiats, l’accord-cadre entend ainsi renforcer un écosystème déjà dense et faire de Strasbourg un point d’appui durable pour l’innovation numérique au service de l’économie.

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