Mobiliser davantage le tissu économique régional pour soutenir la recherche et l’hôpital : telle est désormais la priorité affichée par la Fondation de l’Université et des Hôpitaux Universitaires de Strasbourg, qui a mobilisé 55 millions d’euros de dons depuis sa création en 2012.
150 entreprises mécènes
"L’enjeu est de fédérer entreprises, citoyens et institutions autour des projets scientifiques et médicaux du territoire. Les entreprises peuvent soutenir des projets scientifiques ou hospitaliers, mais aussi créer des fondations abritées et structurer leur politique de mécénat au sein de notre structure", explique Thomas Heckel, directeur de la fondation.
Environ 150 entreprises mécènes, dont près de 60 % en Alsace, soutiennent la fondation. Si les particuliers sont majoritaires en nombre, les entreprises concentrent plus de 80 % des montants collectés en 2025, constituant le socle financier du modèle.
"Pendant longtemps, la fondation était surtout connue dans un cercle de partenaires économiques. Nous voulons élargir la mobilisation et toucher davantage le grand public"
La structure fonctionne avec un modèle économique relativement léger : elle affiche un bilan d’environ 18 millions d’euros et près de 900 000 euros de charges de fonctionnement annuelles, couvrant notamment salaires, loyers et communication.
55 millions d’euros mobilisés
Créée conjointement par l’Université de Strasbourg et les Hôpitaux universitaires de Strasbourg, la fondation agit comme un outil de financement complémentaire pour les deux institutions publiques.
Depuis 2012, elle a permis de mobiliser des dons pour soutenir des projets scientifiques, médicaux, éducatifs ou patrimoniaux. En 2025, la collecte a atteint plus de 4,3 millions d’euros à travers environ 1 850 dons. "La fondation fonctionne comme un circuit court du don, permettant de transformer rapidement la générosité du territoire en projets concrets pour l’université et l’hôpital", souligne Maud Lieb, responsable de la communication.
La fondation agit également comme structure de collecte pour une dizaine d’associations partenaires, qui lui confient la gestion de leurs dons afin de bénéficier de son cadre juridique et de son expertise en matière de mécénat.
La majorité des financements est aujourd’hui orientée vers la recherche : près de 70 % des soutiens en 2025. Environ 8 % des dons prennent la forme de contributions en nature.
1 700 donateurs et plus de 350 projets
La fondation s’appuie aujourd’hui sur environ 1 700 donateurs actifs. "Pendant longtemps, la fondation était surtout connue dans un cercle de partenaires économiques. Nous voulons désormais élargir la mobilisation et toucher davantage le grand public alsacien", explique Maud Lieb. Depuis sa création, la structure a soutenu plus de 350 projets, portés par les équipes de recherche de l’université et les services hospitaliers.
Bourses étudiantes, recherche et patrimoine
Les dons financent un large éventail d’initiatives. Parmi les programmes emblématiques figure le dispositif de bourses des donateurs, entièrement financé par le mécénat : près de 90 000 euros ont ainsi permis de soutenir des étudiants néo-bacheliers, avec une aide mensuelle de 150 à 300 euros.
La fondation soutient également des projets scientifiques, comme une chaire consacrée à l’eau et à la durabilité, ainsi que des initiatives patrimoniales, à l’image de la restauration de la fresque du musée zoologique de Strasbourg. Dans le domaine hospitalier, certains projets visent directement l’amélioration de l’accueil des patients, notamment en pédiatrie.
Certaines initiatives bénéficient d’un effet de levier financier : les chaires de recherche peuvent être cofinancées par la Région selon un principe d’abondement d’un euro public pour un euro privé.
Objectif : dépasser les 2 000 dons par an
À moyen terme, la fondation ambitionne de dépasser les 2 000 dons annuels et de diversifier ses ressources, notamment via les legs et l’assurance-vie.
Depuis sa création, la fondation revendique également près de 5 000 rendez-vous avec entreprises et partenaires, afin de structurer les projets et développer les collaborations.
Plusieurs projets sont en préparation, dont une chaire santé-environnement, un programme consacré à l’exposome alsacien (soit l’étude de l’impact de l’environnement sur la santé) ou encore des dispositifs d’accompagnement pour étudiants réfugiés et sportifs de haut niveau.