Les premières cacahuètes Origine France de Menguy’s attendues dans les rayons début 2026
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Les premières cacahuètes Origine France de Menguy’s attendues dans les rayons début 2026

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Le producteur occitan de produits apéritifs Menguy’s démarre la production de cacahuètes françaises, avec des agriculteurs néoaquitains de la coopérative Océalia, dont il est une filiale. La PME espère produire 2 000 tonnes de cacahuètes françaises d’ici 2030, avec plusieurs centaines de cultivateurs.

Menguy’s importe la plupart de ses cacahuètes des Amériques, en particulier d’Argentine. La future production française pourra représenter jusqu’à 10 % des volumes importés — Photo : ILONA SHOROKHOVA

Jeudi 16 octobre s’est déroulée la première récolte de cacahuètes de la nouvelle filière mise en place par Menguy’s (250 salariés, CA de la marque : 47,8 M€) avec cinq agriculteurs de la coopérative charentaise Océalia (7 000 adhérents et 1 600 salariés, 933 M€ de CA), sa maison mère depuis 2020. Une dizaine d’hectares ont été mis en culture en Poitou-Charentes pour le début d’une aventure prometteuse. Avec une vingtaine de tonnes contractualisées, le volume de cette année reste modeste. La PME, dont le siège se trouve à Saint-Jean, près de Toulouse (50 personnes) et l’usine principale à Mazamet dans le Tarn (170 personnes), espère parvenir à une production de 2 000 tonnes d’ici 2030. Ce qui équivaudra à environ 10 % des cacahuètes qu’elle importe aujourd’hui en grande partie d’Argentine. Cette filière impliquerait alors plusieurs centaines d’agriculteurs.

La première récolte de cacahuètes françaises s’est déroulée jeudi 16 octobre, en Poitou-Charentes — Photo : Menguy's

Des tests il y a vingt ans déjà

Un argument ne manquera pas de les convaincre : la cacahuète est une légumineuse, qui fixe l’azote et fertilise le sol, une plante précieuse dans les rotations de culture. Elle est adaptée au désherbage mécanique et peu sensible au risque sanitaire.

Il y a vingt ans déjà, Menguy’s avait mené de premiers tests dans les Landes, sans concrétisation satisfaisante. La cacahuète étant une culture tropicale, elle n’est, par essence, pas adaptée à nos latitudes. L’un des partenaires de l’époque, la ferme Darrigade, a toutefois persévéré. Les liens se sont maintenus entre les deux acteurs. Avec les progrès de la sélection variétale, de l’agronomie -et probablement avec le réchauffement climatique -, les nouvelles expérimentations menées depuis cinq ans en collaboration avec la ferme Darrigade se sont, cette fois, révélées concluantes.

Pour lancer une filière, "il faut répondre au défi technique, mais aussi, il faut un débouché derrière", explique Guillaume Lamy, DG de Menguy’s — Photo : Christophe Mariot

Lancer une filière repose sur deux piliers : "Il faut répondre au défi technique, mais aussi, il faut un débouché derrière. Là, nous savons que nous allons commercialiser ce produit", décrit Guillaume Lamy, directeur du pôle agroalimentaire d’Océalia, et directeur général de Menguy’s.

La fourniture des semences, le suivi technique, la récolte, le séchage et le stockage sont pris en main par la coopérative Océalia, puis la filiale Menguy’s prend le relais pour décortiquer, préparer, conditionner et commercialiser cette nouvelle gamme de cacahuètes. Tout l’intérêt d’une filière. Océalia appuie ce projet différenciant, après l’exemple réussi de sa filiale Sphère Production autour du pop corn.

La culture, et la récolte (ici), est réalisée par des agriculteurs adhérents de la coopérative Océalia — Photo : Menguy's

Première commercialisation début 2026

L’arrivée en rayon est attendue début 2026. Cette production française sera distincte des arrivages étrangers. La gamme commercialisée sera 100 % Origine France. Les motivations principales de Menguy’s tiennent du souci de l’innovation, de la différenciation commerciale, de l’image de marque, pour finalement, entretenir la croissance appréciable (mais non communiquée) que l’entreprise connaît depuis quelques années.

Il se vend un produit Menguy’s toutes les 1,3 secondes, aime à rappeler la marque, mais "nous avons encore des perspectives de croissance sur le marché français", assure son dirigeant.

"Face à nous, il n’y a que des multinationales."

Menguy’s s’exporte. Guillaume Lamy reste discret sur les chiffres. "Face à nous, il n’y a que des multinationales. Nous tirons notre épingle du jeu, mais le contexte est rude", justifie-t-il.

Une deuxième usine en projet

Prudent, il l’est aussi sur un projet de deuxième usine, qui se dessine à Mazamet. "Nous menons ce projet pour accompagner la croissance de l’entreprise", indique-t-il. Il n’en dévoile pas plus, attendant de valider certaines étapes administratives.

Il se vend un produit Menguy’s toutes les 1,3 secondes — Photo : Menguy's

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