L’annonce a été faite en grande pompe, au printemps dernier, à l’occasion de Choose France : le groupe Mars a annoncé 130 millions d’euros d’investissement dans son outil de production français. Sur cette enveloppe, 47 millions d’euros seront dédiés spécifiquement à l’usine de Haguenau, dans le Bas-Rhin, l’une des huit que compte le groupe dans l’Hexagone.
Relocalisation de la torréfaction de cacahuètes
Premier axe majeur de travail, le rapatriement d’une ligne de torréfaction de cacahuètes d’une capacité de 4,5 tonnes par heure, grillées jusqu’à présent aux Pays Bas. La relocalisation doit permettre au site alsacien de maîtriser sa chaîne de production, de limiter "la dégradation des cacahuètes durant le transport et de réduire de taux de non conformité" et d’optimiser sa logistique. Un bâtiment de 4 000 m² devrait être opérationnel d’ici deux ans, le chantier est en cours de terrassement. Cette hausse des capacités de production, qui permettra aussi d’approvisionner le site de Steinbourg, situé à une quarantaine de kilomètres, devrait générer une quinzaine d’emplois.
Haguenau, premier producteur de M & M’S en Europe
Au sein de la galaxie des sites de production du groupe Mars, le site alsacien bénéficie d’une attention toute particulière : Victoria Mars, représentante de la quatrième génération au board du géant agroalimentaire, à capitaux toujours familiaux, a fait ses premières armes ici, à Haguenau, dans le nord de l’Alsace, au sein de la première usine implantée par le groupe américain en France en 1974.
"C’est dire que l’usine alsacienne est chère au cœur de la famille Mars", souligne Victoria Abramova, PDG de Mars Wrigley France. 750 collaborateurs, des "associés" dans le jargon Mars, sont aujourd’hui rattachés au site de Haguenau, premier producteur de M & M’S en Europe. 72 000 tonnes de billes sortent chaque année des lignes haguenoviennes, dont les fameux M & M’S "jaunes", à base de cacahuètes, qui représentent 75 % des volumes. Des chiffres qui en font la seconde marque de confiserie sur le marché français, derrière Ferrero Kinder. 70 % de la production est exportée, notamment vers les marchés anglais, allemands et italiens.
Quatre usines en Alsace
Aujourd’hui, le groupe compte quatre usines dans la région "retenue à l’origine pour sa position géographique frontalière et la rigueur de ses habitants". L’usine de barres glacées de Steinbourg ouvre en 1989 et compte aujourd’hui 250 collaborateurs. Le groupe américain peut encore compter dans la région sur le site de production d’aliments pour chiens et chats d’Ernolsheim-sur-Bruche (260 collaborateurs) et celui de chewing-gum de Biesheim, racheté par Mars en 2008 et qui avait subi un vaste plan social en 2021 qui avait coûté 300 emplois.
La décarbonation au cœur des investissements
En parallèle des montants injectés pour augmenter les capacités industrielles du site de Haguenau, l’investissement devra également permettre d’accélérer la RSE. L'entreprise est déjà alimentée à l'électricité verte, elle est reliée à un réseau de chaleur. En modernisant le système de refroidissement du site, elle s'est donné pour objectif de réduire de la consommation électrique de 16 % et de 33 % de la consommation d’eau. Des réflexions sont en cours sur les emballages, afin de recourir au monoplastique dont une partie serait recyclée.
"Le développement durable s’inscrit dans la feuille de route de réduction, Net Zero 2050, un plan ambitieux et atteignable", signale Victoria Abramova. "Le site de Steinbourg est la première usine du groupe Mars depuis 2022 à être passée au 100 % Zero Net CO2", rappelle la directrice générale, Haguenau doit suivre explique-t-elle en substance.
Des volumes en légère baisse tous segments confondus
Mars France totalise aujourd’hui 2,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires pour 4 000 collaborateurs. Les ventes sur le marché français sont différemment impactées par la contraction du pouvoir d’achat et le contexte inflationniste. Globalement, "les volumes sont en toute légère décroissance, en revanche nous avons une belle croissance en valeur", indique Victoria Abramova.
Les volumes de la confiserie (plus de 900 millions d’euros) "sont flat, nous avons revu notre portefeuille pour gagner en efficacité, avec moins de formats. On s’est consacré sur les petits formats et formats unitaires, et formats à moins de 1 euro. Notre innovation M & M’S Mini’s marche bien. La gomme (chewing-gum, NDLR) connait une croissance de 24 % en valeur et de 14 % en volume grâce à nos innovations", poursuit-elle, sans détailler les chiffres.