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Les élus du Grand Est s’engagent vers une écotaxe poids lourds
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Les élus du Grand Est s’engagent vers une écotaxe poids lourds

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En reprenant la main sur 524 kilomètres du réseau routier national, la Région Grand Est a aussi ouvert la voie à la création d’une écotaxe ciblant les poids lourds. L’entrée en vigueur est attendue pour le deuxième semestre 2027.

Au moment des débats sur le budget annexe devant permettre de gérer le réseau routier national non concédé, la région Grand Est a aussi ouvert la voie à la création d’une écotaxe ciblant les poids lourds — Photo : Fabrice Voné

Rassemblés en séance plénière le 17 octobre, les élus de la Région Grand Est ont validé la création d’un budget annexe pour gérer, du 1er janvier 2025 jusqu’en 2029, les 524 kilomètres de routes composant une partie du réseau routier national non concédé et traversant la région. Une décision en apparence technique et comptable, mais qui rend possible la création d’une écotaxe poids lourds, ciblant l’ensemble des camions circulant sur ces axes. Cette écotaxe doit être mise en place à partir du "deuxième semestre 2027". Si les axes visés par cette taxe ont déjà été ciblés, à savoir l’A30, l’A31, la RN4 et la RN44, pour l’instant, ni le montant kilométrique de la taxe, ni la compensation annuelle allouée par l’État pour la gestion de ces routes ne sont connus.

"Reprendre son destin en main"

Seule région de France à s’être lancée dans cette expérimentation rendue possible par la loi 3DS de 2022 sur l’action publique locale, la Région Grand Est entend, avec ce budget annexe, se donner les moyens d’aménager et d’entretenir des axes routiers empruntés à "60 voire 90 %" par des camions immatriculés à l’étranger. Pour Thibaud Philipps, vice-président du conseil régional en charge des transports et de la mobilité durable, il s’agit, pour la Région, "de reprendre notre destin en main". "Et cela nécessite de trouver des ressources supplémentaires, pour faire payer ceux qui abîment le plus nos routes", ajoute-t-il.

Des travaux déjà prévus

Dans le cadre du nouveau contrat de plan Etat-Région, couvrant la période 2023-2027, la Région Grand Est a déjà prévu de mobiliser 329 millions d’euros pour "sécuriser et moderniser" les 524 kilomètres du réseau routier national repris en main.

Le montant des travaux à injecter pour remettre le réseau routier du Grand Est en état pourrait atteindre le milliard d’euros jusqu’en 2035. Outre l’aménagement de l’A31, le doublement de la RN4 entre Gogney (Meurthe-et-Moselle) et Saint-Georges, ainsi que la déviation de Saint-Dizier, les élus du Grand Est planchent aussi sur le contournement de Vitry-le-François, commune de la Marne littéralement coupée en deux par la RN4 et un flot de camions pouvant atteindre 6 000 véhicules par jour.

Pas de distinction entre étrangers et locaux

Pour mieux cerner les conséquences de la mise en place d’une écotaxe poids lourds sur les entreprises de transport régionales, une étude d’impact va être lancée sur le prix du transport et sa répercussion sur les produits. Une étude qui ne devra pas se contenter de calculer "la hausse du prix de la tarte flambée", a ironisé Thibaud Philipps, en faisant référence à l’étude d’impact menée par la Collectivité européenne d’Alsace en prélude à la mise en place du R-Pass, l’écotaxe poids lourds alsacienne qui doit entrer en vigueur en 2027. Les élus de la Région Grand Est ont d’ores et déjà évacué l’option consistant à faire payer les agriculteurs, tout en évoquant la directive "Eurovignette" pour ne pas faire la distinction entre camions en transit et transporteurs locaux.

De l’aide pour la CEA ?

Par ailleurs, en marge des débats, le président Franck Leroy a souhaité "la réussite du R-Pass". Le patron de la Région Grand Est a aussi indiqué ne pas avoir eu de réponse de la part du président de la Collectivité européenne d’Alsace (CEA), Frédéric Bierry, à son courrier du 11 juin 2024 lui proposant l’aide de la Région pour faire évoluer les flottes de camions des entreprises de transport régionales vers des solutions plus respectueuses de l’environnement. "J’ai longuement discuté avec les présidents de CCI Grand Est et Alsace, qui sont favorables à ce type d’aide", a précisé le président de la Région Grand Est.

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