L’enseigne de boulangeries Victor Florent vient d’ouvrir sa huitième boutique, à Abbeville (Somme), pour un investissement d’un million d’euros. Fondée en 2019 par Victor Debil-Caux, cette chaîne va continuer de s’étendre en prenant le contrepied de la concurrence, à la fois sur les emplacements et la franchise. Son chiffre d’affaires devrait dépasser les 9 millions d’euros en 2026, contre 6,4 millions d’euros en 2024, avec une centaine de salariés.
Cibler la circulation en priorité
En centre-ville, dans un quartier, ou dans les zones commerciales, le boulanger s’implante "là où il y a de la circulation, piétonne ou véhiculée, car la boulangerie est aujourd’hui un commerce de flux et non plus de destination", explique Victor Debil-Caux. À Nouvion (Somme), son commerce est à côté d’une pharmacie, à Ailly-le-Haut-Clocher (Somme), près d’un collège et d’une route départementale.
"A contrario, à Beauvais (Oise), notre boutique est située en plein centre, avec uniquement des clients piétons. Je ne fonctionne pas du tout comme une partie de la concurrence qui ne jure que par la voiture. Il faut du flux, peu importe le type", revendique-t-il.
Un concept de boulangerie hybride
Pour cette dernière ouverture, le dirigeant a racheté une boulangerie existante, ainsi que les deux cellules commerciales qui la jouxtent. "Nous avons créé un salon de thé avec 48 places : les clients peuvent s’asseoir pour manger leur sandwich ou autre goûter".
Un concept de boulangerie hybride qui se développe de plus en plus. Le dirigeant ouvrira d’ailleurs le même modèle à Laon (Aisne) en juillet, "avec cette fois une centaine de places assises", pour un investissement d’un million d’euros. Ces investissements sont financés sur fonds propres et par emprunts bancaires.
Des débuts autofinancés à 100 %
À la création, pourtant, les banques n’ont pas suivi le projet de cet entrepreneur. Ingénieur de formation, Victor Debil-Caux a auparavant travaillé dans le bâtiment, dirigeant notamment une entreprise de génie climatique.
Le temps de la reconversion arrive et à 36 ans, un diplôme de boulanger en poche, il repère une maison à vendre à Beauvais. La banque le suit pour un prêt immobilier, "mais pas pour l’activité car je n’avais aucune expérience. J’ai tout financé moi-même, le four, le pétrin, etc., cela représentait à l’époque 200 000 euros", se remémore-t-il.
Vers un groupement coopératif
Les clients sont très vite au rendez-vous. Si bien que l’entrepreneur ouvre ensuite une autre boulangerie au Crotoy (Somme) en 2021, puis une troisième, jusqu’à atteindre les 8 boutiques. L’enseigne porte deux autres projets d’ouverture d’ici la fin de l’année, à Laon (Aisne) et près de Compiègne (Oise).
La prochaine étape pour le dirigeant est de lancer un groupement coopératif de boulangeries : "je ne veux pas d’un modèle de franchises. Je préfère qu’un salarié, ou qu’une personne extérieure, gère sa propre boulangerie, avec un groupe qui prend les décisions pour tout le monde. Cela permettra aussi de grouper les achats de matières premières".