L’équipementier ferroviaire Barat Transport, installé à Hirson (Aisne), s’offre un nouveau site de production. L’usine est en cours de construction, à quelques kilomètres du site actuel, sur la commune de Buire (Aisne). Elle devrait être opérationnelle au printemps 2025, pour un investissement total de 9 millions d’euros, dont 7 millions pour le bâtiment, 2 millions pour le process, "financé en grande partie sur fond propre", souligne Christophe Gillet, directeur de Barat Transport. Cette PME, qui réalise un chiffre d’affaires de 9,5 millions d’euros, est spécialisée dans la fabrication de fenêtres et pare-brise pour les trains, les métros et les tramways. Elle appartient au groupe Barat, un équipementier ferroviaire basé en Centre-Val-de-Loire.
Doubler l’atelier de production
La Région Hauts-de-France soutient ce projet à hauteur de 200 000 euros. Si le site actuel s’étend sur 9 000 m², "il est mal exploité et sans possibilité d’extension, note Christophe Gillet. Il s’agit d’une ancienne filature datant de 1877, qui comporte trois bâtiments différents. La ville d’Hirson s’est développée autour." Dans les 4 000 m² de l’atelier de production, "nous sommes désormais trop à l’étroit", indique-t-il. À cela s’ajoutent les difficultés d’accès à cette usine de centre-ville ville et les problématiques de bruits et de trajets logistiques pour le voisinage. "La décision de chercher ailleurs a été prise fin 2020, explique le dirigeant, la communauté de communes des Trois-Rivières nous a aidés à trouver une friche SNCF".
La taille du nouvel atelier de production sera pratiquement doublée. Deux activités, actuellement sous-traitées, vont pouvoir être réalisées en interne : la peinture, et l’anodisation, c’est-à-dire le traitement de l’aluminium par électrolyse. "Nous le faisions auparavant, mais notre chaîne de traitement a brûlé en 2022. Réintégrer ce process va nous permettre d’être plus compétitifs et réactifs", se réjouit le dirigeant. Une trentaine d’embauches est prévue, ce qui portera le nombre de salariés de Barat Transport à 80.
Vers 15 millions d’euros de chiffre d’affaires
Chaque mois, 2 000 à 2 500 fenêtres sortent de l’usine. L’objectif est de passer à 3 000 par mois, puis à 4 000, d’ici 3 à 5 ans. En multipliant par deux l’activité, le dirigeant compte atteindre à cet horizon un chiffre d’affaires de 15 millions d'euros. Le marché du ferroviaire "a le vent en poupe, constate Christophe Gillet. Nous avons 3 ans, voire 3 ans et demi, de carnets de commandes fermes, et avec les options qui arrivent ensuite, cela peut monter facilement à 5 ou 6 ans de chiffre d’affaires". Des contrats courts pour les tramways et les métros, mais surtout des contrats longs, qui peuvent aller jusqu’à 15 ans, pour différents clients : Alstom, les verriers du ferroviaire (AGC Europe, Saint-Gobain), la SNCF (25 % du CA).
Barat Transport, qui se positionne en leader sur le marché européen, n’a pas de concurrent en France, mais "un important en Italie, dans les pays de l’Est et en Chine également". Tous font face à l’augmentation des matières premières, dont l’aluminium "au prix multiplié par deux", mais aussi les joints en caoutchouc (+ 30 %), et le verre (+ 35 %). Des hausses que le dirigeant de Barat Transport a en partie répercutées sur ses clients, "mais pas à 100 %, nous avons rogné sur nos marges".