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Le tribunal valide la reprise d’Arc France par Timothée Durand et acte un redimensionnement
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Le tribunal valide la reprise d’Arc France par Timothée Durand et acte un redimensionnement

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Le tribunal de commerce de Lille a validé la reprise d’Arc France par Timothée Durand. Le projet prévoit un redimensionnement industriel, 704 suppressions de postes et 50 millions d’euros d’investissements pour relancer le verrier d’Arques (Pas-de-Calais).

Le tribunal de commerce de Lille a validé, vendredi 20 mars, la reprise d’Arc France par Timothée Durand, ancien cadre dirigeant de l’entreprise — Photo : MOITESSIER MOITESSIER

Le tribunal de commerce de Lille vient de valider l’offre de reprise d’Arc France portée par Timothée Durand, marquant un tournant pour le verrier d’Arques (Pas-de-Calais), en redressement judiciaire depuis le 8 janvier 2026. À compter du 1er avril, l’ancien cadre dirigeant, membre de la famille qui a conduit cette verrerie à devenir le numéro un des arts de la table, prendra les rênes du groupe avec l’ambition d’ouvrir "une nouvelle page" pour l’entreprise bicentenaire, qu’il souhaite rebaptiser "Verrerie Arc 1825".

Une décennie de turbulences

Leader mondial des arts de la table, Arc n’en finit plus de traverser les tempêtes. Depuis une dizaine d’années, le groupe fait face à une érosion de la demande, à la hausse des coûts énergétiques et à une concurrence accrue, qui ont fragilisé son modèle industriel. Malgré plusieurs opérations de refinancement, dont une en 2025 avec le soutien de nouveaux actionnaires et de l’État, la situation financière est restée dégradée. En 2024, Arc France a réalisé un chiffre d’affaires de 404 millions d’euros, pour une perte nette de 32,4 millions. Le placement en redressement judiciaire en janvier visait à assainir la dette et à faciliter une reprise.

Un redimensionnement nécessaire

Le projet de Timothée Durand, épaulé par Matthieu Leclercq, fils du fondateur de Decathlon et ancien dirigeant de l’équipementier sportif, prévoit un redimensionnement significatif de l’entreprise. Sur les quelque 3 500 salariés, 704 postes devraient être supprimés, via des licenciements, départs volontaires et préretraites. Un des six fours du site sera également fermé, afin d’adapter l’outil industriel à un marché moins porteur.

Le soutien des pouvoirs publics

En parallèle, près de 50 millions d’euros doivent être injectés pour relancer l’activité et soutenir l’innovation. La reprise s’appuie aussi sur un effort significatif des acteurs publics. Au total, entre la Communauté d’agglomération du Pays de Saint-Omer, la Région Hauts-de-France et l’État, plus de 27 millions d’euros de dettes publiques doivent être effacés, sur un total de 37 millions.

Le repreneur entend capitaliser sur le savoir-faire historique du groupe tout en recentrant la stratégie sur les segments les plus rentables et les marques fortes. "Ma priorité est de faire vivre cet héritage", a-t-il déclaré. Un pari industriel et social majeur pour l’un des derniers fleurons verriers français, dont l’avenir se joue désormais dans cette nouvelle phase de transformation.

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