C’est sous la forme d’une Scop (Société coopérative et participative) que s’écrira l’avenir de Clair de Lorraine, négociant meusien de produits du terroir lorrain (CA 2023 : 12,1M€), propriétaire notamment de la marque les Fous de Terroir. Placée en redressement judiciaire en février 2025, puis en liquidation judiciaire en juillet, l’entreprise, qui appartenait auparavant à l’union de coopérative Vegafruits (CA 2023 : environ 9 M€), a été reprise à la barre du tribunal de commerce de Bar-le-Duc par douze associés salariés.
"Il y a eu une réaction viscérale de la part des salariés : nous avons été échaudés par l’indigence des offres de reprise proposées, qui étaient insatisfaisantes. D’autre part, les fournisseurs nous ont fait savoir qu’ils nous suivraient, qu’ils nous appuieraient si on repartait en Scop", se rappelle Lionel Clerc, gérant de l’entreprise.
Les douze salariés se rapprochent alors de l’Union régionale des Scop Grand Est (Urscop). "Nous avons bien fait, parce qu’en juillet, nous nous sommes finalement retrouvés seuls repreneurs devant le tribunal", poursuit-il. Validé, le projet de reprise a alors permis à l’entreprise de redémarrer l’activité à 26 salariés aujourd’hui, contre 55 avant l’opération.
Un redimensionnement de l’activité
"Le mouvement des gilets jaunes, un an après la reprise par Vegafruits, nous a mis un premier coup, avec une baisse de la consommation. Puis il y a eu le Covid. Ensuite, notre politique commerciale a été modifiée, ce qui a déçu certains clients : la société s’est un peu perdue. Le coup de grâce, ça a été l’instabilité politique, avec la dissolution en juin 2024. Ça a fait beaucoup de mal à la confiance globale : les clients se sont mis à épargner beaucoup plus, et à dépenser moins", enchaîne Lionel Clerc.
Clair de Lorraine, qui s’appuie sur un réseau d’une centaine de producteurs régionaux, commercialise ses produits par l’intermédiaire de la grande distribution, et de ses boutiques, sous la marque Les Fous de Terroir, elles-mêmes implantées dans les galeries commerciales de la grande distribution.
La reprise s’accompagne ainsi d’un recentrage sur ses boutiques les plus dynamiques, à Houdemont (Meurthe-et-Moselle), au centre commercial Nancy Saint-Sébastien, Thionville et Épinal. Avant la reprise en Scop, la PME comptait 12 boutiques. "On s’est redimensionnés de manière plus humaine. Avec la Scop, nous sommes portés par un effet de motivation accrue", décrit le gérant. "Malgré un contexte économique parfois difficile pour les entreprises, Clair de Lorraine démontre qu’il est possible d’allier résilience, solidarité et ambition, en s’appuyant sur un modèle innovant et fédérateur", complète l’Urscop Grand Est, dans un communiqué.
De nouvelles priorités
Pour relancer son activité, Clair de Lorraine prévoit le lancement d’un site e-commerce dès 2025. "Cette relance passe aussi par la remise en avant des produits lorrains", annonce Lionel Clerc. Puis, pour 2026, l’entreprise prévoit des opérations de remise à niveau de certaines de ses boutiques, ainsi qu’un changement d’enseigne. "Les Fous de Terroir ne nous convient plus", le dirigeant.