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Le verrier Arc France demande à être placé en redressement judiciaire
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Le verrier Arc France demande à être placé en redressement judiciaire

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Après une décennie de plans de refinancement et de soutiens publics massifs, le verrier Arc France sollicite son placement en redressement judiciaire. Le verrier d'Arques (Pas-de-Calais), fragilisé par un marché durablement dégradé et la hausse de ses coûts, espère trouver dans cette procédure les conditions d'une reprise, alors que l'avenir de près de 4 000 emplois est en jeu.

Arc France a demandé début 2026 son placement en redressement judiciaire — Photo : Arc International

Le verrier Arc France (404 M€ de CA en 2024) avait démarré l’année 2025 en présentant un énième plan de refinancement, après une décennie de difficultés financières. Il ouvre cette fois 2026 avec une demande de placement en redressement judiciaire. Cité par plusieurs médias, le directeur général d’Arc France Nick Hodler estime que seule cette procédure permettra à Arc "de s’adapter durablement à un environnement de marché profondément dégradé". Le tribunal de commerce de Lille doit statuer ce jour.

De multiples perfusions

Arc France n’a pas réussi à sortir du rouge. L’industriel bicentenaire, basé à Arques (Pas-de-Calais), tente de surmonter d’importantes difficultés depuis une dizaine d’années, à grands coups de recapitalisation et de refinancements. La dernière tentative date de 2025 : Arc annonçait l’arrivée de deux nouveaux actionnaires, apportant 15 millions d’euros chacun, Pascal Cagni, un ancien d’Apple et Patrick Molis, dirigeant de la Compagnie nationale de navigation.

À cette occasion, son actionnaire américain depuis 2015, le groupe PHP, remettait 12 millions d’euros au pot. Sans oublier la contribution de l’État, qui lui accordait alors un nouveau prêt de 30 millions d’euros, tout en renonçant à une partie de ses créances. Depuis 2019, l’État aura ainsi octroyé près de 170 millions d’euros à l’industriel, qui emploie encore près de 4 000 salariés, contre plus de 10 000 au début des années 2000.

Un marché dégradé

Cette dernière perfusion du géant verrier n’aura pas suffi. Elle était destinée à soutenir le plan de redressement de l’industriel, baptisé Arcadia et lancé en 2022. Arc France était engagé dans une démarche de réduction de ses coûts, tout en se concentrant sur le développement de produits innovants, générant davantage de marge. La direction souligne que "la dégradation sévère et continue des conditions de marché tout au long de l’année 2025" a finalement pris le pas sur le plan de retournement. Grevé par la hausse des coûts de production et le recul des commandes, le verrier n’a pas pu tenir le rythme.

Recherche d’un repreneur

L’entreprise est désormais à la recherche d’un repreneur. Selon plusieurs médias, Timothée Durand compterait parmi les candidats. Il est le petit-fils de Jacques Durand, ancien dirigeant emblématique de la verrerie, qui l'a conduite à devenir le numéro un des arts de la table. En attendant qu’une reprise soit actée par le tribunal de commerce, ce nouvel épisode dans l’histoire de la verrerie se traduira sans nul doute par de nouvelles réductions des effectifs.

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