Des assemblées de copropriétés en semaine à 15 h ? Des comptes rendus complexes de 80 pages ? Ou encore des petites copropriétés ignorées qui ont du mal à joindre leur gestionnaire ? Le syndic nantais Partie Commune affiche la promesse d’éviter ces accrocs. "Pour toutes ces causes, les propriétaires se désinvestissent souvent de la gestion de leur copropriété", remarque Thomas Maréchal, cofondateur du Syndic Partie Commune. Fondée en 2022, l’entreprise veut se distinguer des grosses structures qui règnent aujourd’hui sur le marché de la copropriété de par sa vision écologique de la gestion des parties communes. Composée aujourd’hui de quatre personnes pour un chiffre d’affaires de 100 000 euros, l’entreprise gère déjà un peu plus de 40 copropriétés. "Cela va plus vite que ce que nous espérions, surtout sans démarche de communication", note-t-il. Si 90 % des copropriétés liées au syndic Partie Commune sont à Nantes, l’entreprise commence à décrocher de premiers contrats à Angers et Saint-Nazaire. Passé par l’incubateur des Ecossolies et par l’Eco Innovation Factory d’Atlanpole, le syndic prévoit deux recrutements à la rentrée.
Des démarches de simplification
Les premiers clients de Partie Commune étaient plutôt de petites résidences avec des personnes convaincues par la démarche du syndic. "Aujourd’hui, nous signons nos premières copropriétés qui dépassent les 100 lots", note Aurore Magnin, cofondatrice et directrice générale du syndic.
Elle travaillait auparavant au siège parisien de Foncia, l’un des leaders du syndic de copropriété en France, où elle s’est "épuisée". Il faut dire qu’un gestionnaire, dans une agence immobilière classique, gère environ 1 500 lots. "Il s’agit souvent de postes avec du turnover et des burn-out. Cela débouche sur des assemblées générales qui ne sont pas tenues dans les délais", constate-t-elle amèrement. Il s’agit de plus d’une profession avec un cadre juridique très dense. "Notre modèle vise à améliorer le service. Nos gestionnaires auront en portefeuille une trentaine de copropriétés, soit 500 lots maximum." Le syndic a aussi procédé à une refonte des documents légaux afin de rendre les informations comptables et financières plus accessibles. "Les habitants se sentent alors plus légitimes pour s’investir au sein de leur copropriété", appuie Aurore Magnin.
Lauréat d’un Appel à manifestation d’intérêt de l’Ademe
En lien avec l’association Releve, le syndic vient d’être lauréat d’un Appel à manifestation d’intérêt de l’Ademe, pour une expérimentation de trois ans financée à hauteur de 150 000 euros. "Cela permettra notamment de mettre en place des mesures d’impact, et d’établir les actions qui fonctionnent vraiment. Le changement peut être parfois plus vertueux, et moins cher, par exemple dans le choix du fournisseur d’énergie de la copropriété, ou encore dans celui du prestataire de ménage", précise Thomas Maréchal. À plus long terme, le syndic porte une ambition nationale. "Nous démontrons aujourd’hui que notre modèle fonctionne à l’échelle locale. Son expansion pourrait se faire via des franchises, ou par le rachat de structures existantes", note Aurore Magnin. Ces différentes possibilités pourront bien sûr cohabiter et vivre ensemble.