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Le sous-traitant verrier Satimat s’équipe pour économiser plus de 210 tonnes de CO2 par an à ses clients
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Le sous-traitant verrier Satimat s’équipe pour économiser plus de 210 tonnes de CO2 par an à ses clients

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Le sous-traitant verrier Satimat, basé à Longroy (Seine-Maritime) s’équipe d’appareils lui permettant de remettre en service des flacons voués à la destruction, aidé par les 180 000 euros de fonds européens débloqués par la région Normandie. La PME vise le traitement de deux millions de flacons par an, soit une estimation de 210,6 T/an équivalent CO2.

Les investissements du sous-traitant verrier Satimat vont permettre à ses clients fabricants de réutiliser des flacons qui auraient été voués à la destruction et d’éviter des émissions de CO2 liées à leur fabrication — Photo : Saverglass

La PME Satimat (47 collaborateurs, 5,5 M€ de CA 2025) est située à Longroy (Seine-Maritime) dans le bassin de la Vallée de la Bresle, d’où provient plus de 70 % de la production mondiale de flacons et de bouteilles de luxe. Ce sous-traitant de fabricants verriers tels que Pochet du Courval, Zignago Vetro Brosse ou Saverglass, vient de se voir octroyer par la région Normandie une enveloppe de 180 000 euros accordée au titre du Fonds pour une Transition Juste (FTJ), un fonds européen soutenant la transition énergétique et industrielle de régions concernées par des émissions de CO2.

Éviter les pertes liées au stockage

Adrian Briffard, directeur général de l’entreprise Satimat, va acquérir trois types de machines destinées au lavage intérieur des flacons de verre. Ces appareils vont permettre aux fabricants verriers de réutiliser ces flacons et ainsi, éviter la production au minimum de deux millions de flacons de verre la première année d’exploitation des machines. Ce qui signifie, selon les estimations de la région, une économie de l'ordre de 210,6T/an équivalent CO2.

Car des flacons de verre stockés une longue période dans un environnement trop humide subissent un phénomène d’exsudation, de la soude venant se déposer naturellement à l’intérieur des flacons. "Nos clients ont constaté ce phénomène après le Covid, lorsqu’ils ont amassé beaucoup d’invendus, rappelle Adrian Briffard. De 30 000 à 50 000 flacons sont restés stockés deux à trois ans pour certains d’entre eux, le temps que les ventes reprennent, mais ils sont devenus entre-temps impropres à la consommation de ce marché du luxe".

Des machines conçues sur mesure en Italie

"Ces trois appareils vont servir au lavage intérieur des flacons, précise le directeur de la PME. Jusqu’à présent, seuls les métiers des spiritueux peuvent répondre à échelle industrielle à cette demande, grâce au format standard des bouteilles de vins, qui simplifie le réglage des machines automatiques prévues à cet usage. Pour les flacons de verre destinés aux parfums et cosmétiques, en revanche, de tels appareils n’existent pas".

Adrian Briffard a donc passé commande à un fournisseur italien -dont il ne divulguera pas le nom- d’une machine de lavage automatique de l’intérieur de flacons ainsi que des convoyeurs de séchage. Les unités d’osmose destinées au traitement et à la filtration de l’eau ont été commandées, elles, à un fabricant français. Le tout pour un budget total de 514 000 euros pour Satimat, qui patientera le temps de l’installation des appareils, d’ici trois à cinq mois, pour percevoir l’enveloppe du FTJ.

Doubler ses résultats dès la deuxième année de mise en service

Si Adrian Briffard vise l’économie d’au moins deux millions de flacons dès la première année de mise en service, il veut doubler ces chiffres et ainsi éviter la fabrication de 4 à 5 millions de flacons de verre par an à partir de la deuxième année d’exploitation. Le directeur général de Satimat envisage également 4 à 5 recrutements d’ici l’été 2026 pour accompagner cette activité.

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