Une vidéo de lancement, un site d’e-commerce en click and collect, et des casiers à code. Pour le lancement début mars de sa nouvelle offre dédiée aux particuliers et aux PME, la start-up rochelaise Carton Vert (19 salariés, 1,1 M€ de CA en 2024), spécialiste du réemploi de cartons en circuit court, a pensé à tout.
Baptisée Carton 2.0, elle s’adresse à des entreprises ayant des besoins plus réduits en cartons que sa cible principale, les gros industriels qu’elle livre par palettes entières. Elle vise également les particuliers proches (30 km) de Périgny, où elle finit d’emménager dans son nouvel entrepôt de 4 700 m2. Obtenue dans la foulée de sa levée de fonds (1,4 M€) en février 2024, son activité sert de preuve de concept à un business model conditionné aux volumes récoltés et vendus.
Une cible locale
"Les PME disposent de 23 références, les particuliers de 3 types de cartons, le tout par lots de 20", détaille Romain Dupuis, cofondateur de Carton Vert. Vendus un peu plus chers que les lots destinés aux industriels, les cartons B2C de la start-up de 19 salariés restent 50 à 70 % moins chers qu’à l’achat en neuf.
"On voulait s’adresser à de plus petits professionnels, une part de marché nécessaire à aller chercher quand on est en plein développement. Nous offrons un service sur lequel on va générer sans doute peu de volume et de chiffre, mais nous voulions privilégier le local et finaliser notre implantation", poursuit Romain Dupuis.
Circuits courts
Bien aidé par la loi Agec qui fixe à 10 % le taux d’emballages réemployés en 2027 et par l’essor de la nouvelle réglementation sur les performances extra-financières des entreprises, Carton Vert entend son téléphone sonner de plus en plus.
L’entreprise a gagné plus de 200 nouveaux clients l’an dernier et en vise 500 cette année. Parmi eux, de nombreux industriels. Elle a récemment récolté les premiers cartons de Materne (groupe Andros) en Belgique et de L’Oréal Luxe dans le nord de la France, avec l’espoir de s’ouvrir les portes de l’ensemble de leurs sites.
Carton Vert voit large grâce à son maillage de sous-traitance - essentiellement des ESAT ou des entreprises d’insertion - capables d’écouler des cartons près des usines de ses clients, qu’elle séduit en leur assurant une quantité réduire réduite de déchets, ses cartons réemployés n’étant pas considérés comme tels.
Avec ce réseau local, la start-up rochelaise espère passer de 1 200 tonnes traitées l’an dernier à 2 500 cette année. "Nous sommes actuellement en capacité de réaliser 3 millions d’euros de chiffre d’affaires et de traiter environ 3 500 tonnes. Nous espérons devenir rentables fin 2026, à 2 500 tonnes vendues avec l’effectif actuel", détaille Romain Dupuis.
Hubs logistiques
Carton Vert ne stoppe pas pour autant ses intentions d’embauche pour répliquer son modèle à Lyon, où elle sous-traite pour l’heure avec les transports Juillet et a signé ses premiers clients, notamment Pierre Martinet, Pasquier ou Alstom. Elle veut faire la même chose pour L’Oréal, Promod ou Décathlon, à Lille.
"Ces deux grandes agglomérations étant les centres logistiques de la France, nous souhaiterions pouvoir y installer un entrepôt pour déployer l’ensemble de notre offre avant fin 2027." Une perspective qui lui permettrait d’atteindre 30 à 40 salariés l’année suivante.
"Nous avons 3,5 millions d’euros de demandes clients non satisfaites", termine Romain Dupuis, conscient de la nécessité pour les industriels de sécuriser leurs besoins en volume. Et de la certitude, une fois ce cap franchi, de faire un carton.