Le Centre des jeunes dirigeants (CJD) a récemment appelé ses dirigeants à aller voter aux élections législatives pour défendre ses valeurs (responsabilité, solidarité, loyauté, respect de la dignité humaine). Qu’est-ce qui vous a motivé à lancer cet appel ?
Quitterie Idiart : Cet appel a été lancé alors que nos prédécesseurs étaient encore à la présidence du CJD mais nous partageons cette prise de position. Il nous semblait évident de nous mobiliser pour défendre les valeurs qui sont propres à l’association et partagées par nos concitoyens.
Qu’attendez-vous de cette nouvelle législature ?
Mathieu Hetzer : Ce que nous attendons correspond à ce que souhaitent la majorité des Français. De la stabilité d’abord, cette période de campagne électorale a été comme une mauvaise saga et il serait temps de revenir à une situation apaisée. Ce que nous attendons des représentants politiques est aussi qu’ils prennent du recul et appliquent certains principes que nous appliquons dans nos entreprises et au CJD : la coopération et la co-construction.
"La préoccupation n’est plus seulement économique"
Les entreprises sont capables de fonctionner même avec des collaborateurs qui ont des avis divergents grâce à l’intelligence collective, la communication positive et le dialogue sincère et réel.
Quitterie Idiart : Dans nos entreprises, on arrive à travailler avec nos collaborateurs en créant du dialogue. Ce que nous prônons est une alliance sur des sujets de fond et une action qui va dans le sens de l’intérêt général.
Entre les défaillances d’entreprises, la situation du déficit public et la croissance qui stagne, comment percevez-vous la situation économique ?
Mathieu Hetzer : La situation économique globale est préoccupante et nous y sommes attentifs. Notre projet de mandat vise à retourner aux fondamentaux et à aider nos membres à adopter un cap plus clair tout en retrouvant de l’optimisme.
Quelles sont vos priorités à la tête du CJD ?
Quitterie Idiart : Le pilier de notre projet est de transformer le modèle économique des entreprises, mais pas seulement. C’est une transformation de fond qui est nécessaire, dans le respect des enjeux planétaires, des crises économiques et géopolitiques. La préoccupation n’est plus seulement économique, il faut désormais agir ou subir, ce qui peut aussi être perçu comme enthousiasmant. Si cette situation amplifie l’instabilité et l’incertitude, il faut malgré tout avancer avec une énergie positive.
En quoi consiste le “concept de performance globale” prôné par le CJD ?
Mathieu Hetzer : Selon ce concept, la performance économique a du sens uniquement si elle est au service d’une performance sociale, sociétale et environnementale. La performance globale est historique au CJD, c’est un peu l’ancêtre de la RSE. L’entreprise doit œuvrer au service de quelque chose de plus grand que la seule réussite économique.
"Nous voulons désormais mettre en place un parcours de transformation"
Au CJD, nous fournissons des outils et des expérimentations pour intégrer cette réflexion dans son entreprise, en explorant ses relations avec les parties prenantes, qu’il s’agisse des prestataires ou des collaborateurs. Nous avons mis en place des expérimentations, des innovations. Par exemple, certaines entreprises ont déjà testé la semaine de 4 jours il y a plusieurs années, et cela avait fait des remous à l’époque.
Nous voulons désormais mettre en place un parcours de transformation, qui permet de réinventer le modèle de son entreprise, avec un accompagnement d’une durée de deux ans et demi. Nous voulons aussi proposer un format plus court et rapide, qui sera accessible à plus d’entreprises.
Concrètement, comment avez-vous mis en place ce concept dans vos entreprises ?
Mathieu Hetzer : Dans mon entreprise, j’ai mis en place le partage de la prise de décision. J’ai une idée du cap stratégique que je souhaite donner mais des ateliers d’intelligence collective sont mis en place pour la définir. Quand la stratégie vient de l’équipe, les collaborateurs se l’approprient complètement même s’il peut y avoir des désaccords ou si, a priori, certains n’ont pas les compétences expertes. Malgré cela, il est quand même possible d’avoir des idées qui font avancer.