Depuis plusieurs années, Crusta C a engagé une diversification innovante de son offre pour répondre aux attentes des consommateurs. Aux côtés des crevettes entières ou décortiquées, la société (220 salariés, CA : 180 M€), dont le siège est à l’Isle Jourdain (Gers), développe des recettes cuisinées à consommer en apéritif, en entrée ou en plat.
Cet été, plusieurs nouveautés sont mises sur le marché, notamment des palets croustillants à base de poisson et de légumes ainsi que des crevettes marinées à l’ail et aux fines herbes, au tandoori ou encore aux saveurs créole et asiatique.
"Cette stratégie d’innovation qui suit les saisons nous permet d’alimenter les rayons de la grande distribution en produits différenciants sous marque distributeur tout au long de l’année", explique Ugo Rivière, le responsable R & D de Crusta C.
Une chaîne maîtrisée de l’élevage à la barquette
Crusta C s’appuie sur un modèle d’intégration verticale afin de contrôler l’ensemble de la filière crevette, de l’exploitation de fermes aquacoles en Équateur et au Venezuela jusqu’au conditionnement final en France. Elle possède également, via sa maison-mère JMI (1 300 salariés), des activités de pêche et d’engineering à Madagascar, des unités d’import-export dont Gel-Pêche, principal importateur français de produits tropicaux de la mer (crevettes, poissons, crabes, poulpes…), ainsi qu’une usine en Roumanie pour desservir l’Europe de l’Est.
Cette maîtrise logistique, complétée par une gouvernance familiale resserrée, confère à Crusta C une grande réactivité sur un marché soumis à la volatilité des prix et des devises. "Cette stratégie nous permet d’ajuster rapidement nos volumes et nos recettes selon les tendances du moment", analyse le responsable.
Une croissance sobre
L’entreprise conditionne chaque année 23 000 tonnes de crevettes, soit plus d’un tiers du marché français. Exploitant 4 sites en France, à L’Isle-Jourdain, à Vitrolles (Bouches-du-Rhône), ainsi qu’à Boulogne-sur-Mer et à Arras dans le Pas-de-Calais, Crusta C emploie 220 salariés. Avec un chiffre d’affaires estimé à 180 millions d’euros et une progression annuelle modérée de 2 à 3 %, l’entreprise privilégie la consolidation plutôt que l’expansion tous azimuts. "Aucune nouvelle usine n’est prévue à court terme. Nos efforts se concentrent sur l’optimisation des sites existants et sur l’écoute constante du marché", poursuit Ugo Rivière.
La solidité du modèle familial
Face à des concurrents de taille comme Delpierre (Labeyrie) ou Pescanova, Crusta C mise sur l’agilité, l’innovation et sa relation de confiance avec la grande distribution. Elle s’appuie sur un modèle solide, ancré dans un actionnariat familial qui conjugue discrétion et efficacité sur un marché de plus en plus concurrentiel. Elle s’appuie sur le groupe gersois JMI, qui affiche par ailleurs 24 sociétés présentes dans 5 pays. Avec un chiffre d’affaires qui dépasse les 290 millions d’euros, ce dernier se développe autour de ses 2 grandes activités complémentaires : les produits de la mer et le froid.