Le groupe nantais Réalités, spécialisé dans la promotion immobilière et le développement territorial, traverse une période critique dans un contexte de crise généralisée du secteur immobilier. Forte de 1 100 salariés et d’un chiffre d’affaires de 402 millions d’euros en 2023, l’entreprise a vu ses résultats se dégrader lourdement au premier semestre 2024, avec un chiffre d’affaires tombé à 121,4 millions d’euros et un résultat net déficitaire de 86 millions d’euros. Pour redresser la barre, Réalités poursuit sa restructuration financière dans le cadre d’un mandat ad hoc et vient de présenter un plan de rebond structuré autour de cinq axes stratégiques, dans le cadre d’une procédure de conciliation avec ses créanciers.
Un plan pour rebondir qui reposer su cinq piliers
La réduction des coûts constitue le premier pilier de ce plan. L’entreprise s’engage dans un vaste programme de réduction de ses charges fixes, comprenant un plan global d’économies, un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) qui touchera une centaine de salariés, et l’arrêt des investissements jugés non stratégiques. Ces efforts s’accompagnent du déménagement de son siège social.
Le réajustement opérationnel, deuxième pilier, sera mis en œuvre dès janvier 2025. Il prévoit une réorganisation interne afin de recentrer l’entreprise sur ses activités essentielles et de renforcer l’efficience de ses équipes.
Pour alléger son endettement et sécuriser sa trésorerie, Réalités mise également sur des cessions "de filiales, d’actifs et de projets immobiliers". Dix millions d’euros de ventes ont déjà été actés, tandis que des cessions supplémentaires, à hauteur de 37,6 millions d’euros, sont programmées d’ici fin mars 2025. Certaines activités, comme les résidences seniors Heurus, restent toutefois stratégiques et seront préservées.
Le refinancement des projets en cours constitue le quatrième pilier. Avec le soutien de ses partenaires bancaires et assureurs, le groupe vise à finaliser ses chantiers immobiliers, dont les premières retombées positives sont attendues dès le premier trimestre 2025.
Restructurer une dette de plus de 400 millions d’euros
Enfin, Réalités poursuit la restructuration de sa dette, qui s’élève à 403,3 millions d’euros, dette contractée auprès de banques, Euro PP, obligataires et co-investisseurs. Grâce au soutien du Tribunal de Commerce de Nantes et du Comité Interministériel de Restructuration Industrielle (CIRI), l’entreprise espère aboutir à un accord avec ses créanciers pour assainir son bilan.
"La qualité du dialogue et du travail réalisé permet aujourd’hui de poursuivre les négociations. Nous disposons d’un état des lieux partagé et d’une stratégie indispensable pour assurer le rebond de l’activité. Nous sommes extrêmement déterminés à concrétiser un protocole permettant de restructurer notre bilan et de préserver au mieux l’emploi, les intérêts des fournisseurs et des créanciers", souligne Yoann Choin-Joubert, président-directeur général du groupe Réalités.