Le groupe Agrial pied au plancher sur la réduction de son empreinte carbone
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Le groupe Agrial pied au plancher sur la réduction de son empreinte carbone

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Fort de plus de 12 000 agriculteurs adhérents en France et de 22 000 salariés, le groupe coopératif normand Agrial, très implanté en Pays de la Loire, vise une réduction d’un tiers de son empreinte carbone d’ici 2035. À Paris, la coopérative a dévoilé sa feuille de route à l’horizon 2035, plaçant la modernisation de ses sites de production au cœur de sa transition énergétique.

Eurial, la branche Lait d’Agrial, est basée à Nantes. Elle a atteint 2,9 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2024 — Photo : Agrial

Le Normand est un géant. Fort de 12 500 adhérents et 22 000 collaborateurs en France et à l’international, Agrial a réalisé 7,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2023. L’activité de la coopérative agricole Agrial représente 1 % de l’empreinte carbone de la France, en intégrant l’amont agricole, autrement dit les activités liées à l’élevage. Conscient de son impact, le groupe basé à Caen, qui possède une importante filiale basée à Nantes (Eurial), s’est fixé pour objectif de diviser par deux ses émissions directes de gaz à effet de serre d’ici à 2035 et de réduire de 35 % son empreinte carbone totale d’ici à 2035.

"Nous prévoyons des investissements majeurs pour atteindre nos objectifs climatiques"

"Nous avons des objectifs ambitieux en matière de RSE. En tant qu’acteur majeur, nous devons faire des efforts", explique Dominique Huth, directeur général de la business unit beurre et fromage d’Eurial, branche lait du groupe, basé à Nantes, lors d'une conférence de presse tenue récemment à Paris. Il souligne que les principaux leviers d’amélioration concernent l’élevage des ruminants, la transformation laitière (notamment la consommation d’énergie) et les emballages dans les segments ultra-frais et fromages. Certifié Science Based Targets (SBTi) en 2019, le groupe s’est engagé dans une trajectoire zéro émission nette, avec une réduction progressive de ses émissions de gaz à effet de serre, jusqu’à être aussi proche de zéro que possible. "Nous prévoyons des investissements majeurs pour atteindre nos objectifs climatiques, notamment en modernisant nos sites de production", précise Dominique Huth.

Des investissements industriels pour une production plus verte

La laiterie Coralis à Cesson-Sévigné, près de Rennes, est un actif du groupe Agrial — Photo : Agrial

Disposant de plus de 100 sites de production (légumes, viandes, lait, boissons), implantés dans 10 pays, Agrial mise en priorité sur la modernisation de ses infrastructures pour améliorer son efficacité énergétique. Voilà quelques mois, la coopérative avait annoncé 1 milliard d’euros d’investissement dans les 5 ans. "Les sites les plus exemplaires en termes de CO2 sont ceux qui utilisent des énergies décarbonées ou recyclées, avec une consommation optimisée", note Dominique Huth.

Pour aller plus loin, le groupe a récemment acquis un terrain de 18,7 hectares sur la zone d’activité intercommunale de La Crèche dans les Deux-Sèvres en région Nouvelle-Aquitaine pour créer une nouvelle usine de fromages de chèvres pour sa marque Soignon, marque de sa filiale nantaise Eurial. Si la promesse d’achat du terrain a été entérinée, ce projet industriel greenfield "n’a pas encore été validé", précise Dominique Huth.

Des diagnostics pour trouver des pistes d’amélioration

Mickael Lamy, éleveur, président de l'OP lait de chèvre Agrial et administrateur d'Agrial — Photo : Agrial

Malgré un contexte de hausse des coûts de production, le modèle du groupe Agrial représente un atout pour investir : "Nous sommes une coopérative. Nos profits sont entièrement réinvestis dans nos infrastructures et l’amélioration de nos process", souligne le directeur général. En amont, Agrial accompagne également ses éleveurs dans la réduction de leur empreinte carbone. "Nous avons mis en place des diagnostics pour identifier les leviers d’action adaptés à chaque exploitation", explique Mickael Lamy, éleveur, président de l’OP lait de chèvre Agrial et administrateur d’Agrial. Parmi les pistes d’amélioration figurent l’alimentation du bétail, la longévité du troupeau, l’optimisation des cultures, l’augmentation de la productivité et la réduction de l’âge à la mise bas. "Les ruminants ne seront jamais neutres en carbone, mais nous devons nous inscrire dans une trajectoire vertueuse", ajoute-t-il.

Sécuriser et valoriser la matière première

Spécialisée dans les produits à base de lait de chèvre, la marque Soignon est l’une des marques phares d’Eurial, filiale nantaise du normand Agrial — Photo : Eurial

Avec un chiffre d’affaires de 2,9 milliards d’euros en 2024, dont 38 % réalisés à l’international, la filiale lait Eurial continue d’investir pour se décarboner, mais aussi moderniser ses 27 sites de fabrication dont 22 en France. La marque Soignon, leader sur son segment avec 28,8 % de parts de marché en volume sur la première période 2025, a lancé une dizaine de nouvelles références fromagères et une trentaine en ultra-frais ces cinq dernières années. Pour accompagner cette croissance, la marque spécialisée dans le fromage de chèvre doit aussi augmenter ses capacités de production.

"Une usine qui n'investit pas pendant un an est une usine morte"

Dominique Huth, directeur général de la business unit beurre et fromage d'Eurial, branche lait du groupe, basé à Nantes — Photo : Agrial

"Nos usines historiques de Saint-Martin-de-Saint-Maixent et La Chapelle-Thireuil (deux communes des (Deux-Sèvres, NDLR) sont en limite capacitaire. Nous devons préparer l’avenir en investissant", souligne Dominique Huth. Ces investissements réguliers garantissent à Soignon une production efficiente et en phase avec les attentes des consommateurs. "Une usine qui n’investit pas pendant un an est une usine morte", explique le directeur général. Au-delà de la réduction de son empreinte carbone, Agrial se concentre ainsi sur la sécurisation et la valorisation de sa matière première. "Depuis la crise du Covid et les évolutions climatiques, nous constatons une tension croissante sur la ressource en lait. Notre objectif est d’optimiser son exploitation pour maximiser sa valeur", conclut Dominique Huth.

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