Fermeture de débouchés à l’étranger, surabondance de textiles fast fashion qui entraînent une dégradation de la qualité et une baisse des prix : les difficultés se multiplient pour la filière du recyclage de textiles. "Beaucoup de recycleurs sont au bord du dépôt de bilan", nous expliquait il y a quelques jours Emmanuel Pilloy, le président du Relais, l’un des principaux acteurs de la collecte de vêtements en France. Pour alerter sur les difficultés des acteurs du recyclage de textile, cette entreprise des Hauts-de-France a déversé le 15 juillet des tonnes de vêtements usagés devant des magasins. Les difficultés de la filière ont été entendues à Paris. Le ministère de la Transition Écologique vient de proposer une hausse de l’enveloppe de soutien à la filière en 2025 et 2026.
49 millions d’euros pour la collecte textile en 2025
Le cabinet d’Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition Écologique, vient de proposer une enveloppe de 49 millions d’euros pour soutenir la filière REP (Responsabilité Élargie du Producteur) textile en 2025. Fondé sur l’hypothèse d’un tri de 120 000 tonnes de vêtements en 2025, ce soutien ferait passer la valeur d’une tonne triée de 156 euros en 2024 à 223 euros en 2025. Une hausse nette, qui se poursuivrait en 2026 avec l’attribution d’une enveloppe de 57 millions d’euros, qui porterait la valeur de la tonne de vêtements triée à 228 euros par tonne. Cette proposition est encore en attente de l’accord de Refashion, l’éco-organisme qui gère le tri de la filière textile et verse la contribution aux acteurs de la collecte.
La revalorisation du tri, une "question de survie" pour les acteurs de la collecte
La proposition d’une revalorisation du tri de vêtements est une réponse aux demandes des acteurs de la collecte et du tri de vêtements. Ceux-ci font face à "une crise d’ampleur", a reconnu Agnès Pannier-Runacher dans un courrier adressé aux professionnels le 17 juillet. En cause, une "conjoncture économique difficile et l’évolution des marchés internationaux qui subissent de plein fouet la croissance de l’ultra fast fashion". La revalorisation de la tonne triée est donc grandement attendue par les organismes de collecte et de recyclage.
Pour autant, le nouveau montant d’environ 220 euros est encore loin du coût net réel du tri estimé à 304 euros par le Relais. "La proposition est inférieure au montant que nous avions demandé, mais elle va dans le bon sens", a réagi Emmanuel Pilloy, le président du Relais. Cette revalorisation "est une question de survie" pour l’entreprise de réinsertion sociale.
Un nouveau système de la REP sera en place en janvier 2026
Les revalorisations proposées par le gouvernement pour 2025 et 2026 ont vocation à être exceptionnelles et temporaires, a souligné le cabinet d’Agnès Pannier-Runacher. Elles visent à soutenir la filière de la REP textile alors qu’une révision globale du système de collecte et recyclage est en cours de discussion depuis le mois de mai 2025, et qu’elle sera effective à partir de janvier 2026.
"Après un mois et demi d’échanges sur la gestion de crise, il est maintenant urgent de traduire en acte le soutien aux opérateurs du tri qui sont essentiels à la filière et indispensables pour construire le nouveau modèle de la REP", a déclaré Agnès Pannier-Runacher, alors que les tensions montent entre Refashion et Le Relais. Refashion doit désormais valider ou non la proposition du gouvernement, en début de semaine prochaine.