Côtes-d'Armor
Le Gouessant investit 4 millions d’euros dans un sécheur pour sa production d’aliments aquacoles
Côtes-d'Armor # Agriculture # Investissement industriel

Le Gouessant investit 4 millions d’euros dans un sécheur pour sa production d’aliments aquacoles

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La coopérative Le Gouessant investit 4 millions d’euros pour un nouveau sécheur destiné à sa ligne de production d’aliments aquacoles du site de Saint-Aaron, à Lamballe-Armor (Côtes-d’Armor). Cette production est un relais de croissance intéressant pour la coopérative spécialisée dans les aliments pour les animaux d’élevage.

David Just (à gauche), directeur de l’usine de Saint-Aaron, et Yann Trit, directeur industriel de la coopérative costarmoricaine, devant l’ancien sécheur qui était, lui, horizontal — Photo : Matthieu Leman

La coopérative agricole Le Gouessant (890 salariés, 777 M€ de CA en 2024) va investir 4 millions d’euros sur son site de Saint-Aaron, à Lamballe-Armor (Côtes-d’Armor). L’effort financier va consister en l’achat et l’installation d’un nouveau sécheur pour la ligne de production d’aliments de poissons et de crevettes de l’usine. Les travaux vont démarrer en octobre pour une mise en service en juin 2026.

1,3 million d’euros sont affectés à l’achat de la machine de 14 mètres de haut, ce qui nécessitera la construction d’une tour de 34 mètres de haut pour l’accueillir. Le précédent, installé en 2002, était horizontal. Ces travaux, ainsi que les raccordements énergétiques constituent le reste de l’investissement.

Économies d’énergie et confort de travail

"Ce nouveau sécheur fonctionnera avec un système hybride gaz – électricité avec récupération d’énergie venant du système de traitement d’odeur, explique Yann Trit, directeur industriel de la coopérative costarmoricaine. Le préchauffage se fera à l’air chaud et non plus au gaz." L’impact carbone du process passera de 68 kg de Co² par tonne à 26 kg, tandis que les déchets (freinte) générés seront réduits de 100 tonnes par an.

L’installation de cette nouvelle tour va également optimiser le confort de travail des salariés. "Les opérateurs de maintenance et de production vont bénéficier des monte-charges et des passerelles, qui seront installés entre la nouvelle tour et la tour de process", pointe David Just, directeur de l’usine depuis janvier 2020.

21 000 tonnes produites sur le site en 2024

Ce sécheur, qui va permettre aussi une augmentation de la productivité de la ligne, est un élément essentiel pour la production d’aliments aquacoles sur ce site, qui s’est élevée à près de 21 000 tonnes en 2024. À partir des matières premières (farine et huile de poisson, céréales…), ces matières sont mélangées, extrudées (pour maîtriser la densité du produit qui, selon les espèces, doit rester à la surface ou couler) puis passent par le sécheur pour en extraire l’humidité. Au terme de ces étapes, des granulés de 0,7 millimètre à 2,5 centimètres, suivant les espèces auxquels ils sont destinés, sortent de l’usine.

David Just, directeur de l’usine du Gouessant à Saint-Aaron, présente les différents granulés d’alimentation aquacole produits sur le site — Photo : Matthieu Leman

Des petites séries et de la réactivité

Cette activité de produits aquacoles a représenté 16,4 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2024, le marché et les volumes de la coopérative (+ 8 % en 2024) sont en constante progression. "Avec 21 000 tonnes annuelles à Saint-Aaron et 18 000 tonnes sur notre site d’Arue (situé dans les Landes et acquis en 2021), nous sommes un petit faiseur comparé à certains de nos concurrents qui en produisent plusieurs millions de tonnes, affirme Yann Trit. Notre force est notre réactivité et notre capacité de produire de petites séries spécifiques."

45 % d’export pour cette activité

Les clients sont des éleveurs français de truites, de bars et de daurades et des distributeurs de produits pour les carpes. À l’export, qui représente 45 % de l’activité aquacole du Gouessant, les granulés made in Côtes-d’Armor partent nourrir crevettes, bars, daurades et autres poissons-chats. "Cet export nous permet de maintenir un équilibre de charge et une régularité de production pour compenser la volatilité de la consommation en France", souligne le directeur.

Le site de Saint-Aaron, créé en 1968, accueille aussi des lignes de production d’aliments pour porcelets, non concernés par le sécheur, un silo de collecte et de stockage de céréales, ainsi que des bureaux pour certains services transversaux de la coopérative, qui a fêté en 2024 ses 60 ans.

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