Un contrat entre Flying Whales et Exoes prévoit que la PME girondine d’ingénierie, réputée pour sa technologie de refroidissement des batteries, produira pendant 20 ans les systèmes complets de batteries électriques pour le projet de dirigeable cargo ainsi que les pièces de rechange pour leur entretien, leur réparation et leur révision. La production maximale doit permettre la fabrication de 36 dirigeables de Flying Whales par an. Un centre de réparation assurera le support après-vente.
"La batterie que nous développons pour ce projet est exceptionnellement innovante et souligne notre capacité à répondre aux exigences techniques très élevées du secteur aéronautique", déclare Arnaud Desrentes directeur général et cofondateur d’Exoes. Les deux entreprises échangent depuis deux ans et Exoes prévoit un début de production en 2025 sur une ligne dédiée dans ses locaux de Gradignan.
Concrètement, les batteries alimenteront le système électrique aéroporté LCA60T - "le plus puissant du monde" dit Flying Whales - du dirigeable. Ce moyen de transport innovant est prévu pour être fabriqué dans une usine en Gironde (le permis de construire est toujours en cours d’instruction). "Les batteries sont un composant essentiel de notre système de propulsion hybride, explique Vincent Guibout, le directeur général de Flying Whales. Ce sont elles qui sont chargées d’amener l’électricité aux quatre coins du dirigeable pour le stabiliser et lui permettre de stationner pendant les opérations de treuillage. Comme il est prévu pour intervenir dans les zones difficiles d’accès ou pour le transport de charges lourdes ou imposantes, le dirigeable ne se pose pas."
Exoes investit dans le projet
Exoes rejoint ainsi 50 "partenaires" industriels déjà engagés à fournir les pièces et technologies nécessaires au projet porté par Flying Whales. "Nous parlons davantage de partenaires que de fournisseurs car la plupart, comme Exoes, investissent dans l’entreprise en échange d’une exclusivité. Les technologies qu’ils développent pour le projet leur serviront aussi pour l’aéronautique de demain", justifie le dirigeant de Flying Whales. L’entreprise franco-québécoise basée en Île-de-France est détenue par un actionnariat public-privé (dont fait partie la Région Nouvelle-Aquitaine), et compte déjà 250 salariés.
Pour Exoes (80 collaborateurs, 10 M€ de CA), c’est un premier pas hors du secteur automobile. Une ouverture qui était souhaitée par Exoes et pour laquelle, entre autres, elle avait levé 35 millions d’euros en mars. "Le développement de cette batterie a été initié avant la levée de fonds, explique Exoes, mais elle va permettre d’accélérer notre capacité de fabrication de batteries avec des investissements sur notre ligne, notamment pour produire la batterie de Flying Whales à partir de 2025."
En parallèle, l’entreprise prévoit d’ouvrir des projets dans le secteur maritime "dans les prochains mois".