À l’aéroport de Bâle Mulhouse, la voiture pollue davantage que l’avion. C’est l’un des enseignements qui ressort du bilan carbone dévoilé mardi 27 janvier par la nouvelle direction de l’EuroAirport, dont les émissions de CO2 ont représenté 172 000 tonnes en 2025. Nul doute que le record de fréquentation enregistré l’an dernier, avec l’accueil de 9,6 millions de passagers, ait eu un impact au niveau environnemental puisque l’accessibilité à l’infrastructure située au sud de l’Alsace, non loin de la frontière allemande et à proximité immédiate avec la Suisse, concentre 56 % de ses émissions. Soit bien plus que l’activité aérienne se déroulant sur le tarmac évaluée à 31 %
"On doit être l’un des rares aéroports drainant près de 10 millions de visiteurs à ne pas avoir de desserte ferroviaire"
Concernant l’accessibilité à l’aéroport, ce dernier déplore le manque de liaisons qui se matérialise actuellement par trois lignes de bus. D’autant que l’État français a suspendu, en septembre dernier, pour des "raisons budgétaires" sa participation au projet de raccordement de ligne ferroviaire vers l’aéroport initialement envisagé pour 2035. Projet nécessitant un investissement de 475 millions d’euros pour "dévier" d’environ six kilomètres la ligne TER existante entre Strasbourg et la ville suisse de Bâle.
"On doit être l’un des rares aéroports drainant près de 10 millions de visiteurs à ne pas avoir de desserte ferroviaire", rajoute Tobias Markert, directeur de l’infrastructure. "C’est un projet structurant", insiste M. Paubelle en indiquant que 44 % des voyageurs suisses utilisent les transports en commun pour se rendre à l’aéroport contre 24 % d’Allemands et 11 % de Français. À court terme, l’ancien directeur de l’aéroport de Strasbourg-Entzheim espère déjà le renforcement des liaisons existantes entre les trois pays.
Des amendes afin de diminuer les nuisances sonores
Déjà confrontée à des enjeux de nuisances sonores, surtout face à la législation suisse, qui se seraient considérablement atténuées après 23 heures suite à des amendes qui lui ont permis de récolter 3,90 millions d'euros, l’infrastructure attire par ailleurs des compagnies, telles Flydubai, proposant des longues distances vers la capitale des Émirats arabes unis. Pour les dirigeants de l’infrastructure, il n’est pas interdit que d’autres longues destinations s’affichent bientôt sur le tableau des départs de Bâle Mulhouse. Employant 6 730 personnes sur sa plateforme aéroportuaire, l’EuroAirport s’apprête à engager un plan d’investissement de plus de 500 millions d’euros sur les sept prochaines années. En vue notamment d’améliorer son offre de services, à l’image du contrat récemment signé avec Lagardère Travel Retail France pour la partie restauration, et d’étendre ses capacités d’accueil via l’extension de son Terminal sud.
79 millions d’euros investis pour la réfection de la piste principale
En 2026, 79 millions d’euros seront injectés essentiellement pour la réfection de la piste principale et ses accès avec le remplacement de plusieurs dizaines de milliers de mètres cubes de béton et d’enrobés. Ce chantier occasionnera une sérieuse baisse de trafic entre le 15 avril et le 20 mai 2026 durant une période où certaines compagnies aériennes, comme Wizzair, cesseront leurs rotations en raison des gabarits de leurs avions.
Ces travaux impacteront d’une façon moindre Esayjet, dont les engins pourront accéder à hauteur de 12 rotations par jour à la piste secondaire longue de 1,7 kilomètre. L’an dernier, la compagnie britannique low-cost détenait 53 % de parts de marché de l’aéroport de Bâle Mulhouse, en opérant notamment plusieurs liaisons quotidiennes vers Pristina. La capitale du Kosovo figurant toujours en tête des destinations de l’EuroAirport devant Londres, Istanbul, Palma de Majorque et Budapest.