L’équation mathématique, pour Franck Goldnadel, est enfin résolue. Selon le président du directoire des Aéroports de la Côte d’Azur (ACA), la plateforme niçoise était configurée pour accueillir 14 millions de passagers alors qu’elle en a reçu plus de 15 millions en 2025.
Une capacité de 18 millions de passagers désormais
La voici désormais en capacité d’en recevoir jusqu’à 18 millions grâce à un vaste chantier d’extension entamé en 2023. "L’été, je n’étais pas fier des conditions d’accueil de nos clients parce que les installations étaient saturées et ce n’est pas normal, précise-t-il. Mais aujourd’hui grâce à cette belle infrastructure optimisée, nous allons pouvoir accueillir nos clients dans de bonnes conditions. Nous allons passer du plus grand des petits aéroports au plus petit des très grands aéroports."
Une inauguration très attendue
Ce Terminal 2 augmenté de 23 000 m2 (+ 30 % de surface) a été inauguré le 13 avril 2026 officiellement et en grande pompe. Et dans une joie et une fierté peu habituelles ces derniers temps, au vu notamment du contexte géopolitique et du conflit au Moyen Orient (les vols de Qatar Airways pour Doha devraient reprendre en mai prochain, ceux d’Emirates vers Dubaï ont repris mais pas encore avec l’A380).
La coupure de ruban a été réalisée par Philippe Tabarot, ministre des Transports, aux côtés des différents actionnaires dont Alessandro Benetton, président de Edizione et Mundys, actionnaire majoritaire d’ACA - depuis 2016 et la privatisation décidée par l’État français, le Prince Albert II de Monaco — la Principauté fait partie est également actionnaire, Jean-Pierre Savarino, président de la CCI Nice Côte d’Azur (25 % du capital).
La Caisse des Dépôts et Consignations détient 8 %, quant au Département des Alpes-Maritimes, à la Métropole Nice Côte d’Azur et la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, elles détiennent 1 % chacun.
2,1 milliards d’euros de retombées économiques
Pour tout le territoire et ses acteurs économiques, cette extension était attendue. Englobant d’un côté Monaco, jusqu’au-delà de la frontière italienne, et de l’autre, l’est Var, l’aéroport niçois est un outil majeur sur le plan économique. Au-delà de ses 650 collaborateurs directs, son activité a contribué, selon l'aéroport, à générer 2,1 milliards d’euros de PIB et à 30 000 emplois équivalents temps plein (ETP).
Une mise en service progressive
Cette extension aura coûté 130 millions d’euros. Confiée à l’architecte Stéphane Aurel, elle englobe l’agrandissement de la salle d’embarquement pour les vols en dehors de la zone Schengen, la création d’une nouvelle zone de contrôle des passeports au départ, de commerces (une phase livrée depuis le printemps 2025).
Elle compte aussi une nouvelle darse d’embarquement avec un accès direct aux 6 postes avions préexistants (fini les trajets en bus), qui sera mise en service dans les jours à venir. Enfin, 36 banques d’enregistrement et son nouveau système de traitement des bagages seront opérationnels selon les besoins dès cet été.
Pas d’artificialisation des sols
Et le tout, a-t-on entendu marteler, "sans artificialisation des sols" et sans que cela n’augmente nécessairement le nombre d’avions à venir, malgré les contestations farouches et maintenues des associations de défense de l’environnement.
"Ces dernières années, on a plus de passagers qu’en 2019, avant Covid, mais avec moins d’avions commerciaux parce que ceux-ci sont plus gros mieux et mieux remplis, assure Franck Goldnadel. Et puis ce n’est pas l’aéroport qui fait les lignes, mais le territoire."