Le feuilleton sur l’extension du Terminal 2 de l’aéroport Nice Côte d’Azur trouvera enfin son épilogue dans quelques mois, avec la livraison totale du chantier en 2026.
40 000 emplois générés
Franck Goldnadel l’assure : l’aéroport Nice Côte d’Azur, qui a "traité" un record de 14,8 millions de passagers en 2024, "n’est pas à la recherche d’un résultat en termes de trafic". Le président du directoire explique que la "vraie raison d’être" du deuxième aéroport de France "est de faire en sorte qu’il y ait une bonne connectivité de notre territoire", a t-il expliqué lors de l'assemblée générale de la CCI Nice Côte d'Azur, actionnaire de l'aéroport.
"Le vrai objectif " et le mètre étalon du succès de la plateforme, seraient donc davantage à trouver dans les 122 destinations dans 45 pays et les 13 vols long-courriers… bientôt 14 avec l’ouverture de la ligne Nice-Boston par Delta Air Lines au printemps 2026.
Ou encore dans les données économiques locales : 2,1 milliards d’euros de contribution au PIB régional, 9 000 emplois directs et 40 000 en y ajoutant les emplois indirects et induits, dont plus des trois-quarts sont en région.
23 000 m2 supplémentaires
Néanmoins, la capacité annuelle de 14 millions de passagers ayant été dépassée depuis longtemps, les conditions d’accueil ne sont plus au standing désiré. "Je ne suis pas fier de l’accueil de nos clients l’été, lorsque l’on sursature nos installations. Notre objectif est d’être à l’unisson du territoire objectif, en termes de qualité de service et d’accueil, et cela passe par des mètres carrés que nous n’avons plus."
Plus de 23 000 m2 supplémentaires, pour être plus précise, soit une augmentation de 31 % de la surface. " Avec zéro artificialisation des sols. Les sols étaient déjà artificialisés."
140 millions d’euros investis dans ce terminal
Dans le détail, il s’agit d’intégrer à ce nouveau bâtiment, 36 banques d’enregistrement, un tri bagages ou encore 6 portes d’embarquement "correspondant à six postes de stationnement, qui aujourd’hui sont accessibles par des bus et qui le seront demain par des passerelles dédiées". À tout cela s’ajoutent des espaces commerciaux et de restauration, ainsi qu’un salon VIP.
Le montant de l’investissement s’élève pour Aéroports de la Côte d’Azur à 140 millions d’euros, avec un chantier qui a vu travailler des entreprises dont "70 % sont locales".
Dans sa version 2026, le site sera donc configuré pour pouvoir accueillir 18 millions de passagers. "Et 18 millions de passagers, je le redis, ce n’est pas forcément 4 millions de plus, ni des avions supplémentaires, insiste Franck Goldnadel. On voit aujourd’hui, entre 2024 et 2025, la croissance de passagers est de 3 à 4 %, et cela ne se fait qu’avec moins d’1 % d’avions de plus, simplement parce que les avions sont plus gros, plus remplis."
18 millions de passagers… et après ?
Ce projet d’extension avait été élaboré en 2019, avant d’être retardé pour cause de pandémie mondiale. À son arrivé à la tête du directoire, en septembre 2020, Franck Goldnadel a relancé la machine au sortir du Covid et les travaux ont démarré en 2022. En septembre dernier, la cour administrative d’appel de Marseille rejetait la requête des opposants au projet, défenseurs de l’environnement. Une première partie du chantier a été livrée en avril 2025. Le reste devrait l’être en mars 2026, prêt pour l’été.
Et déjà, Franck Goldnadel regarde plus loin : "Porter la capacité d’accueil à18 millions de passagers, cela vaudra pour plusieurs années, mais cela ne sera pas éternel. Une fois que l’on aura passé ce cap des 18 millions, il faudra trouver d’autres façons d’accueillir nos passagers, dans de bonnes conditions."