Créé en 2023, le groupement d’intérêt économie (GIE) ardennais Armytec 3D (14 entreprises ; 1 000 collaborateurs et 190 M€ de CA cumulé) réunit des spécialistes de la fonderie, de la bouclerie, de l’usinage, de la chaudronnerie, de la tôlerie fine, des connecteurs électriques, et de la logistique, dans l’objectif de se positionner sur l’industrie de la Défense. "Tous les donneurs d’ordre appellent à la consolidation de cette filière. Le groupement comprend des entreprises trop petites pour décrocher de gros contrats : l’objectif était d’atteindre une taille critique", décrit Guillaume Malherbe, président et cofondateur d’Armytec 3D, par ailleurs dirigeant de Pragma Consulting, cabinet de conseil qui fait partie du groupement. Le GIE compte actuellement cinq contrats en négociation, pour des commandes en sous-traitance s’étalant sur plusieurs années. "Nous effectuons du démarchage, de la prospection, de la négociation de contrats et de la gestion de projets. L’objectif est d’apporter de la croissance, et une certaine récurrence dans les commandes", poursuit-il. Ces contrats concernent notamment la fabrication de systèmes de tourelles de défense anti-aériennes, mais aussi des pièces de rechange pour le domaine ferroviaire.
"À l’origine, nous portions le projet de développer et commercialiser un produit en propre, dans environ trois ans. Parce qu’en termes d’images de marque, cela propulse Armytec 3D sur une autre échelle : nous ne sommes plus vus comme un simple sous-traitant. Et les marges sur les produits sont plus importantes", lance Guillaume Malherbe. Avec quelques années d’avance, le groupement d’entreprise annonce préparer le développement de Trekkady, un porte charge d’une capacité de 30 à 40 kg conçu pour répondre aux besoins des militaires.
Réunir près de 150 000 €
Au Forum Innovation Défense 2024, les représentants du GIE ardennais ont en effet assisté à la présentation du Trekkady par un commandant. "Il nous a expliqué que deux ans de R & D avaient déjà été réalisés avec l’inventeur, et qu’ils ne trouvaient aucun industriel pour l’industrialiser. La guerre en Ukraine nous montre qu’il faut se développer sur le low-tech", avance Guillaume Malherbe. Suite à cette rencontre, Armytec 3D a racheté le brevet du Trekkady. Et compte le produire entièrement en interne, sauf pour quelques pièces spécifiques.
Pour préparer le développement du porte charge, "nous avons besoin d’environ 150 000 €, sur les trois prochaines années", vise le président. Cette somme doit permettre de financer l’optimisation et la simplification du Trekkady, l’adaptation d’une chaine de production existante, et le paiement du brevet, dont l’achat est échelonné.
Pour obtenir un financement et une aide technique pour simplifier et optimiser son équipement, Armytec 3D a été auditionné par le C2ime, l’accélérateur des projets industriels pour les entreprises des territoires lorrains de la Région Grand Est. Et devrait obtenir une réponse courant octobre 2025. "Nous ne sommes pas fermés à l’entrée d’un nouveau candidat industriel pour nous rejoindre, mais nous ne ferons pas entrer de fonds à notre capital pour financer ce projet. Le financement s’étalera en interne", continue-t-il.
Un équilibre à 100 équipements
"Notre seuil d’équilibre est fixé à une centaine de Trekkady produits par an", annonce Guillaume Malherbe. Dès lors, Armytec 3D pourrait commencer la production en 2026, pour atteindre son objectif d’équilibre en 2027. "En dehors de l’Armée, nous avons déjà commencé à discuter avec les pompiers des Ardennes, qui seront intéressés", ajoute-t-il.
Par la suite, le GIE n’est pas fermé au développement d’autres équipements en propre. "Le Trekkady est une première pierre", souffle-t-il.