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Le Fourgon signe une nouvelle levée de fonds de 8,2 millions d’euros pour étendre la consigne
Nord # Distribution # Levée de fonds

Le Fourgon signe une nouvelle levée de fonds de 8,2 millions d’euros pour étendre la consigne

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Le Fourgon signe une nouvelle levée de fonds de 8,2 millions d’euros, pour accélérer son développement. L’entreprise, qui distribue des produits en contenants en verre consignés, ambitionne de relancer cette filière disparue depuis 40 ans en France. Forte de 65 000 clients et d’une croissance de 60 % en 2024, Le Fourgon vise une extension géographique et l’élargissement de son offre.

Le Fourgon livre des produits d’épicerie, d’hygiène et de la maison dans des contenants en verre consignés, pour aider les consommateurs à réduire leurs déchets, et leur consommation de plastique. LE FOURGON — Photo : Alexis Delespierre Alexis Delespierre Photographe

Fondée en 2021 par Charles Christory, Maxime Tharin et Stéphane Dessein, le Fourgon vient de boucler un nouveau tour de table, à hauteur de 8,2 millions d’euros. Avec cette opération, l’entreprise basée à Wambrechies (Nord) va accélérer son développement, tout en poursuivant son objectif de démocratiser la consigne et le réemploi des contenants alimentaires en verre. "Notre volonté, c’est de faire renaître une filière qui a disparu il y a 40 ans", ambitionne Charles Christory. Le Fourgon emploie 330 salariés, dont 240 ETP, et porte des projets de développement qui vont le conduire à recruter 100 nouveaux collaborateurs.

Un distributeur responsable

Le Fourgon est une entreprise de distribution, qui fonctionne un peu comme un supermarché en ligne. Les clients passent commande via le site web ou l’application mobile, puis l’entreprise assure la livraison des produits à domicile ou dans des bureaux, à l’aide de véhicules électriques. Le Fourgon se fournit en produits déjà emballés dans des contenants en verre, essentiellement auprès de producteurs locaux. La particularité de ce distributeur, c’est d’avoir opté à 100 % pour un système de consigne. Une fois vides, les contenants en verre sont récupérés par l’entreprise auprès des clients, lors de la livraison de la commande suivante. Ils sont ensuite lavés par des entreprises partenaires, à l’image de l’entreprise nordiste Haut la Consigne, avant d’être triés et remis à disposition des producteurs, par formats, grâce à la petite vingtaine d’entrepôts logistiques que compte Le Fourgon en France. Lavables jusqu’à 40 fois, les bouteilles et bocaux en verre permettraient aux clients de diviser le contenu de leur poubelle par trois.

Le Fourgon fonctionne comme un supermarché en ligne, qui milite pour le zéro déchet grâce à des produits proposés dans des contenants en verre consignés — Photo : Le Fourgon

Une croissance de 60 % en 2024

Le Fourgon se rémunère donc comme une enseigne de distribution classique, sur la vente de ses produits. Sa différence réside dans son engagement envers le zéro déchet. "Le Fourgon s’est donné pour mission de réintroduire le système de consigne en France, afin de réduire les déchets liés aux emballages à usage unique, souligne Charles Christory, avant d’ajouter : en France, près de 36 millions de bouteilles en plastique sont achetées chaque jour". Quant au positionnement prix, il est peu impacté par cette démarche : "nous avons réalisé une étude montrant que nous sommes 1 euro plus cher que la moyenne du marché, pour un panier de 50 euros".

"En France, près de 36 millions de bouteilles en plastique sont achetées chaque jour."

Le Fourgon revendique 65 000 clients et une croissance de 60 % du chiffre d’affaires (non communiqué) sur l’année 2024. "Nous comptons renouveler ces 60 % de croissance en 2025", avance Charles Christory. Discret sur ses chiffres, l’entrepreneur assure qu’il préfère mesurer l’impact de son activité. Celle-ci a permis, en presque quatre ans, "d’éviter l’utilisation de plus de 25 millions de bouteilles et contenants à usage unique, soit plus de 9 250 tonnes de plastiques".

La rentabilité opérationnelle est atteinte

Depuis sa création en 2021, le Fourgon a levé au total de près de 24 millions d’euros, dont 10 millions d’euros en 2023, pour soutenir son rythme de développement. Il faut dire que la logistique mise en place a été gourmande en investissements… Charles Christory annonce avoir tout de même atteint la rentabilité opérationnelle à la fin de l’année 2024. "Nous avons prouvé que l’entreprise est capable de déployer et rentabiliser ses entrepôts, ce qui nous permet d’aller un cran au-dessus, avec ce nouveau tour de table. Le Fourgon doit maintenant aller chercher davantage de volumes, pour être rentable".

Le Fourgon revendique 65 000 clients et une croissance de 60 % de son chiffre d’affaires sur l’année 2024 — Photo : Alexis Delespierre

Une levée de fonds en deux étapes…

Concrètement, cette nouvelle levée de fonds s’est déroulée en deux étapes. La première a consisté en une levée de fonds de 5,7 millions d’euros auprès de ses principaux investisseurs, à savoir ID4 Ventures, Teampact Ventures, La Poste Ventures, avec l’arrivée de Bred, Noshaq et Future Positive Capital. La deuxième étape était la collecte de 2,5 millions d’euros auprès de 1 590 particuliers, via la plateforme d’investissement durable Lita. Au terme de cette opération financière, "les trois associés fondateurs ne sont pas loin de détenir la majorité du capital", indique Charles Christory, qui n’en dévoilera pas davantage sur la répartition entre les différents actionnaires.

Le Fourgon a été créé en avril 2021 par Charles Christory (au centre), Maxime Tharin (à g.) et Stéphane Dessein — Photo : Le Fourgon

…pour accélérer

Grâce à ses entrepôts logistique, le distributeur est présent dans 20 métropoles, soit 2 500 villes, dans le Nord, le Sud-Ouest, l’Ouest et le Sud-Est de la France. Un maillage géographique que Le Fourgon entend bien compléter, "par des ouvertures de nouvelles villes, qui s’appuieront sur nos entrepôts", dont deux prévues sur ce premier semestre 2025. La levée de fonds servira également à élargir les gammes, notamment en épicerie, avec l’introduction de produits comme la pâte à tartiner ou le ketchup, et sur les produits d’hygiène et de la maison. Les produits frais, sur lesquels l’entreprise n’est pas présente, "seront un sujet à terme, mais leur mise en place demande des investissements importants", indique le dirigeant.

Vers 20 % de l’activité en BtoB

Le dernier axe de développement sera le BtoB, qui représente pour l’heure 12 % de l’activité et pourrait atteindre 20 %, sachant que le BtoC continuera de croître en parallèle. L’entreprise livre des bureaux, mais aussi des CHR à la recherche d’une offre plus locale, avec moins de plastique. Elle a également noué un partenariat avec l’enseigne nordiste Chronodrive, se positionnant comme un grossiste : "Notre offre est déployée dans 7 de leurs magasins et le sera dans toute la France d’ici l’été", affirme le dirigeant.

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