Suite à son placement en redressement judiciaire en novembre 2024, l’équipementier aubois Le Coq Sportif (330 salariés) était visé par plusieurs offres de reprise. Ce vendredi 4 juillet 2025, le tribunal des affaires économiques de Paris a tranché en faveur du consortium porté par l’entrepreneur franco-suisse Dan Mamane. Ce dernier est notamment l’ancien président de Conforama Suisse. "Après des années difficiles, Le Coq Sportif doit retrouver son rayonnement et sa désirabilité, c’est le sens de notre projet", lance-t-il dans un communiqué.
L’offre de reprise du Coq Sportif est également portée par Alexandre Fauvet, ancien dirigeant de Lacoste et cofondateur et associé de Fusalp. Ce dernier prendra la direction générale de la marque. Le consortium est par ailleurs soutenu par le fonds Mirabaud Patrimoine Vivant. Le projet prévoit par ailleurs le soutien du groupe japonais Itochu, propriétaire de la marque Le Coq Sportif en Asie, ainsi que la participation d’Udi Avshalom, ancien directeur des opérations d’Adidas. Il prendra le poste de conseiller stratégique mondial de la marque. Jusqu’ici, Le Coq Sportif appartenait au groupe suisse Airesis.
Un objectif de chiffre d’affaires à 300 millions d’euros
Alors que Le Coq Sportif réalisait en 2023 un chiffre d’affaires de 121 millions d’euros, le consortium vise un objectif de 300 millions d’euros à horizon 2030. "Le plan de reprise prévoit une évolution de l’offre, avec une segmentation repensée autour de quatre univers : sportstyle, sport heritage, lifestyle chic et performance technique. La distribution sera rééquilibrée entre réseau sélectif, e-commerce, places de marché et magasins affiliés. À l’international, l’ambition est claire : tripler la part des ventes hors de France d’ici 2027", explique le groupement d’investisseurs.
Le projet prévoit par ailleurs la création d’un centre de recherche et développement sur le site de Romilly-sur-Seine, dans l’Aube. Ce dernier devrait "jouer un rôle central dans cette transformation. Il deviendra un pôle de référence pour l’innovation textile, la production haut de gamme et l’économie circulaire", prévoit le consortium. "Le Coq Sportif est un patrimoine national. Avec cette reprise et en nous appuyant sur le talent de ses équipes nous voulons lui redonner son éclat, en France et à l’international, en alliant excellence industrielle, ambition internationale et engagement durable", explique Alexandre Fauvet, futur directeur général de la marque.
L’essentiel des emplois maintenus
"Le projet garantit le maintien de l’essentiel des emplois, le regroupement des fonctions créatives, industrielles et stratégiques sur le site de Romilly, et la mise en place d’une politique RH renouvelée et fédératrice", annonce le repreneur. D’après une information des Échos, près de 80 suppressions de poste devraient être annoncées et la fermeture des bureaux strasbourgeois et parisiens est envisagée.
L’offre de Xavier Niel n’est pas retenue
En mai 2025, un autre consortium, porté notamment par Xavier Niel, le judoka Teddy Riner et le spécialiste de la reprise d’entreprises en difficulté Neopar, avait annoncé déposer une offre de reprise, prévoyant une enveloppe de 60 millions d’euros pour reprendre l’équipementier sportif. Cette dernière n’a pas été retenue.