JGI Hydrométal investit 43 millions d’euros à Mardyck (Nord), dans une nouvelle usine qui lui permettra de développer son activité de production de sels de zinc, à travers le recyclage et la valorisation de métaux non ferreux. Entité du groupe belge JGI, un acteur de la chimie verte, et filiale de Silox, Hydrometal France a été créée en 2021, pour faire face à l’arrivée à saturation du site belge. Au moment de trouver un nouveau site industriel, le choix s’est porté sur le Grand port maritime de Dunkerque, et en particulier sur la commune de Mardyck, un emplacement particulièrement stratégique. En effet, la proximité avec la Belgique est un atout, tout comme la disponibilité d’un site Seveso de seuil haut et la présence de partenaires clés. Cette nouvelle usine doit engendrer 50 emplois directs à court terme, et 120 à long terme.
Une opération de réindustrialisation
"Le site que nous avons acquis appartenait à la société Aliphos, qui a fait faillite pendant le Covid, en 2020. Nous avons évalué l’opportunité de reprendre ses actifs pour développer une toute nouvelle activité, qui consistera en la production de sels de zinc, par la filière chlorure. Autrement dit, nous produirons par voie chimique et non thermique, ce qui permet de réduire l’empreinte carbone", explique Philippe Henry, président d’Hydrometal France.
Si le groupe peut s’appuyer sur les technologies déjà présentes, ces actifs doivent néanmoins être complétés. D’où l’investissement de 43 millions d’euros, dédié notamment à l’installation de trois lignes de production. L’usine produira à terme 15 000 à 20 000 tonnes de sels d’oxydes non ferreux par an. "Notre objectif est d’approvisionner le marché français avec ces sels de zinc, un produit qui n’est plus fabriqué en France, souligne Philippe Henry. Il s’agit donc d’une opération de réindustrialisation".
Revaloriser des déchets jusque-là enfouis
Cette valorisation des métaux non ferreux est par ailleurs une alternative à l’enfouissement. "Ces métaux non ferreux sont des déchets le plus souvent enfouis. Nous les valorisons en les transformant en nouveaux produits", indique le dirigeant. Parmi les applications possibles, on trouve la production de caoutchouc, les pneumatiques, les additifs pour peinture ou encore les additifs pour l’alimentation animale, essentiellement le porc. Ces sels de zinc devraient également réduire la dépendance de la France en cobalt, lithium et molybdène à long terme.
Le site de Mardyck sera facilement alimenté en matières premières, car celles-ci sont essentiellement acheminées par voies maritimes. Elles proviendront aussi de la société Indachlor, à Loon-Plage (Nord), qui fabrique de l’acide chlorhydrique, un réactif utilisé dans la revalorisation de l’oxyde de zinc. Une tuyauterie souterraine pourrait d’ailleurs relier les deux sites. Pour l’heure, le président espère que les phases administratives se dérouleront rapidement et qu’elles aboutiront à des issues positives. L’enquête publique a démarré début avril et devrait s’achever courant mai. "Si tout se passe bien, on pourrait même commencer l’activité fin 2024", projette-t-il.