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Bridor défend son "bon droit" pour son projet d’usine à Liffré
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Bridor défend son "bon droit" pour son projet d’usine à Liffré

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Le projet de construction d’une nouvelle usine Bridor en Bretagne, à Liffré, est à l’arrêt en raison de plusieurs recours. Au point que son holding, le groupe Le Duff, a fait le choix d’investir dans d’autres sites à l’étranger, pour ne pas freiner sa croissance. Face à la grogne des écologistes, le directeur général de Bridor pointe un respect total des règles.

Philippe Morin, directeur général de Bridor. Le dirigeant rennais compte toujours sur son projet d’usine à Liffré. "Nous sommes dans notre bon droit", affirme-t-il — Photo : Bridor - Groupe Le Duff

Philippe Morin, directeur général de Bridor (3 500 collaborateurs, 1,1 milliard d’euros de chiffre d’affaires), la filiale boulangère du groupe agroalimentaire rennais Le Duff (Brioche Dorée, Del Arte…), est droit dans ses bottes : "Si nous devions recommencer, nous referions exactement la même chose. Nous avons respecté scrupuleusement toutes les étapes…" Plusieurs recours d’opposants (des défenseurs de l’environnement et élus écologistes) au projet d’usine Bridor à Liffré près de Rennes contrecarrent toujours, en ce début 2023, le démarrage d’un équipement pensé dès 2017 par le groupe breton. En l’occurrence, une unité de production de pains et viennoiseries sur un site de 21 hectares qui doit compléter l’empreinte industrielle de Bridor dans la région - à Servon-sur-Vilaine (Ille-et-Vilaine) et Louverné (Mayenne). Le groupe prévoit d’engager 250 millions d’euros sur ce chantier. Du pain béni pour le territoire. Las. Malgré les autorisations de permis de construire validées par la mairie et la préfecture, la situation est figée, le temps que la justice examine les appels. Rien ne devrait bouger avant 2024 ou 2025.

"Dans notre bon droit"

Début novembre, par voie de communiqué, Louis Le Duff, le PDG fondateur du groupe qui porte son nom, a tapé du poing sur la table. "On ne peut pas attendre 10 années, lorsque nos concurrents allemands mettent deux ans à construire une usine !" Le puissant patron breton annonçait alors la concrétisation de trois projets complémentaires à l’étranger pour pouvoir satisfaire ses besoins à l’export. Des investissements dans des sites au Portugal, en Allemagne et aux États-Unis, qui se traduisent par la création de 1 800 emplois directs. À opposer aux 500 emplois attendus à Liffré.

L’usine Bridor de Liffré prévoit de fabriquer des pains et viennoiseries industrielles, pour les besoins de l’entreprise à l’export — Photo : Charlotte T Strömwall

"Dans tous les cas, l’entreprise continuera de se développer, avec ou sans Liffré", tient à faire savoir Philippe Morin. Mais le dirigeant ne digère pas la pilule. "Notre objectif était d’avancer avec l’ensemble des parties prenantes pour arriver à la meilleure approche du projet dans son ensemble. Sur la partie emploi, formation et environnementale. Notre frustration, c’est qu’on respecte toutes les règles. On nous reproche simplement de participer à une vision du monde à laquelle une minorité n’adhère pas. Nous sommes dans notre bon droit."

"Bridor crée des emplois, exporte et réindustrialise"

Dans son projet d’expansion en Bretagne, Bridor dit être pris en étau d’un "combat politique et idéologique". Sur la partie environnementale, les écologistes lui reprochent pêle-mêle la bétonisation de terres de bocage, la ressource en eau (près de 200 000 m³ d'eau par an seraient nécessaires à Bridor pour congeler ses produits). Mais aussi les rejets de gaz à effet de serre et les nuisances sonores. L’impératif écologique, et les efforts attendus des industriels pour prendre leur part, cristallise les passions. Mais Bridor là aussi se défend. "Quand vous construisez un site de production, vous prenez en compte un certain nombre de sujets. Ce que l’on a fait, en particulier dans le cadre de la Commission nationale du débat public. Que ce soient sur le maintien des zones à fort intérêt écologique, le sujet de l’eau ou des arbres. Nous avons un programme environnemental qui est existant et qui a été approuvé. Et puis il faut regarder le projet dans son ensemble. Bridor crée des emplois, exporte et réindustrialise. C’est tout ce qu’il y a à dire. C’est assez désagréable d’être montré du doigt en permanence. Nous industrialisons un produit de qualité qui n’a rien à envier à un artisan, notre farine est 100 % française, tout ça pour s’entendre dire que nous sommes des industriels irresponsables qui détruisent la planète. Pour nos salariés, c’est difficile à vivre…"

Fin janvier, le groupe Le Duff a porté plainte après des tags d'opposants au projet liffréen sur les murs de son siège social à Rennes. Le sujet reste électrique.

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