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Les industriels bretons face à la guerre commerciale de Trump
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Les industriels bretons face à la guerre commerciale de Trump

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Les États-Unis seront-ils toujours demain le chemin naturel de la croissance des exportateurs et investisseurs bretons ? En décidant de mener une vaste guerre commerciale mondiale, Donald Trump envoie un mauvais signal. Les industriels qui ont des intérêts outre-Atlantique s’inquiètent. Jusqu’à revoir leur politique commerciale ?

Les États-Unis de Donald Trump ont lancé une guerre commerciale mondiale en annonçant des taxes historiques à l’entrée de ses frontières — Photo : Sascha Schuermann

Le président de la première puissance économique mondiale montre les muscles. De retour à la tête des États-Unis pour un mandat de quatre ans, Donald Trump fait de l’économie nationale une priorité absolue, inscrivant son action dans la logique de son slogan "America First". Il mise sur le renforcement du "made in USA" et cherche à favoriser la production intérieure, quitte à rebattre les cartes des échanges mondiaux. Après avoir fait savoir durant sa campagne électorale que "droits de douane" étaient ses mots "favoris", il est passé de la parole aux actes. La taxation a commencé le 4 mars sur des produits chinois, canadiens et mexicains. Depuis le 12 mars, l’Union Européenne est dans son viseur avec des taxes sur l’acier et l’aluminium européens. De 10 %, la taxation sur ces produits est passée à 25 %. On parle là de tout un tas de produits dérivés contenant de l’acier et de l’aluminium : pièces de motorisation automobile, pièces d’avions, pièces d’ascenseurs ou d’escalier mécanique…

250 entreprises bretonnes tournées vers les USA

Le bras de fer engagé par Donald Trump avec l’Union Européenne n’est pas sans risque pour les entreprises bretonnes. Plus de 250 d’entre elles ont des échanges réguliers avec les États-Unis, selon le décompte du réseau Bretagne Commerce International. 70 % d’entre elles évoluent dans le secteur industriel et 15 % dans l’industrie agroalimentaire. "Les économies européennes et américaines sont interconnectées. Autant le marché européen est important pour les Américains, autant le marché américain l’est pour nos entreprises locales. Les États-Unis restent un marché de grande taille et un relais de croissance en particulier pour la haute technologie", souligne Annie Berthelot, la directrice de cette association de 1 000 adhérents qui accompagne les entreprises dans leur développement à l’international. En 2024, l’export vers les USA a représenté 5,5 % de la valeur exportée des entreprises bretonnes, soit 700 millions d’euros. Les États-Unis sont le premier partenaire commercial des Bretons, hors pays de l’Union Européenne.

"Une libération pour l’Amérique"

Devant les nouvelles règles commerciales instaurées par l’administration américaine, l’Europe milite pour une résolution par la négociation. Mais le président américain ne semble pas vouloir faiblir, considérant que la décision d’appliquer des surtaxes douanières se justifierait par le déficit commercial américain de 300 milliards de dollars vis-à-vis de l’Europe (pour l’année 2023, NDLR).

Le 2 avril, il a annoncé des taxes historiques. Des annonces présentées comme une "libération" pour L’Amérique. "C’est le jour de la reconquête de l’industrie américaine", a-t-il asséné lors d’un discours. Ce qui change ? Le seuil minimal des droits de douane est fixé à 10 % pour le monde entier. À cela, s’ajoutent des droits majorés pour certains pays jugés particulièrement hostiles en matière commerciale. Les pays européens doivent ainsi être taxés à hauteur de 20 % à compter du 9 avril (pour la Chine, ce sera 34 % !).

"Nouvelle donne économique"

"Avec l’entrée en vigueur de taxes douanières, cela crée une nouvelle donne économique pour les entreprises européennes, avec des produits plus chers à l’achat et qui seront donc mathématiquement moins bien vendus", expose Delphine Scheck, chargée de mission économie à la Chambre d’agriculture de Bretagne. La jeune femme a animé une conférence sur les droits de douane aux États-Unis lors du Carrefour des Fournisseurs de l’Industrie Agroalimentaire début mars à Rennes. Elle estime que les filières les plus touchées en France seront les producteurs de vins, de champagne et de spiritueux. Les produits laitiers (fromages et yaourts) et les produits d’épicerie (biscuits, chocolat), plus représentatifs de ce qui se fabrique en Bretagne, n’y échapperont pas non plus.

Les exportations françaises agricoles sont les plus à risque. Présentation d’une conférence de la Chambre d’agriculture de Bretagne au CFIA de Rennes, le 5 mars 2025 — Photo : Baptiste Coupin

Selon un sondage réalisé par l’ANIA (Association nationale des industries alimentaires) et relayé par l’ABEA (Association bretonne des entreprises agroalimentaires), le droit de douane moyen s’établit actuellement entre 0 et 5 % sur les produits agroalimentaires exportés.

"Ne pas s’affoler"

L’entreprise costarmoricaine Loc Maria Biscuits (Les Gavottes, Traou Mad…), spécialiste des biscuits bretons premium, fait partie de ces industriels en Bretagne qui devraient être touchés par la hausse des droits de douane. L’ETI de 350 collaborateurs exporte beaucoup aux États-Unis, une région du monde qui représente 50 % de son activité à l’export. Elle vend essentiellement des crêpes dentelles enrobées de chocolat pour accompagner les repas de fêtes des Américains (Thanksgiving, Noël, Nouvel an chinois…). Ses produits ont généré 8 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2024. "Il y a une menace de 20 % de taxes sur nos produits alors que nous n’en payions pas jusqu’alors", rend compte Hervé Le Méliner, directeur commercial de l’entreprise et ancien directeur export aux États-Unis. "On essaie de ne pas s’affoler, de prendre les choses comme elles viennent, et de se dire que s’il y avait des taxes, on serait traités de la même manière que les autres produits importés. Ça peut représenter un petit coup d’arrêt en volumes en 2025 mais on espère que la sagesse l’emportera", poursuit-il. L’objectif 2025 était d’avoir 2,5 millions d’euros de chiffre d’affaires additionnel. Cela risque d’être compromis.

Des Gavottes de Loc Maria Biscuits, une gourmandise appréciée des Américains pendant les fêtes — Photo : Remy Chautard

Avant de réagir, les entrepreneurs bretons attendaient d’y voir plus clair sur les produits réellement concernés par les nouvelles taxes. "Quand on augmente des droits de douane, ça touche des nomenclatures bien précises, c’est ciblé en fonction des flux à l’import", éclaire Christelle Ferrari, chef du pôle action économique aux Douanes de Bretagne. La liste des produits taxés représente l’équivalent de plusieurs centaines de codes douaniers, pas toujours évidents à décrypter. La Direction générale du Trésor est le bon interlocuteur pour y voir plus clair.

"Il n’y a pas de frein"

"Il n’y a pas de frein pour le moment sur le marché américain", rassurait, avant le 2 avril, le Franco-Américain Nicholas Beaty, responsable du World Trade Center (WTC) Rennes Bretagne (quelque 70 entreprises membres), un club business piloté par et pour des chefs d’entreprise travaillant à l’international.

Nicholas Beaty, responsable du réseau WTC Rennes Bretagne — Photo : Baptiste Coupin

"Moi, ce que je vois, c’est "all-in" ou "all-out", poursuit Nicholas Beaty. Les entreprises qui voulaient aller sur le marché américain, elles se disent on y va, on continue, parce qu’on a déjà travaillé dessus. Et puis il y a celles qui hésitaient et qui se disent que ce n’est peut-être pas le moment d’y aller". Pour ce spécialiste en affaires internationales, qui sert la devise mondiale des WTC "Peace through trade" (la paix à travers les échanges commerciaux), il faut voir plus loin que le mandat Trump : "Les mesures protectionnistes, on en a vu par le passé. Ronald Reagan avait fait la même chose. Un entrepreneur sait qu’il prend des risques en allant sur le marché américain qui représente le grand export, mais ce sont des risques calculés. On n’a pas vu d’entreprise française fermer aux États-Unis à cause de décisions politiques."

Il n’empêche. Donald Trump prend tout le monde de court et inquiète le monde économique. Beaucoup de chefs d’entreprise bretons n’ont pas souhaité s’exprimer sur le sujet des taxes américaines, pointant "trop d’incertitudes" pour les uns ou des éléments "qui ne sont pas clairs" pour les autres. Le sujet est "touchy" (délicat) pour les industriels déjà bien présents sur le marché américain et qui préfèrent ne pas parler "politique", par peur de rétorsions commerciales sans doute.

"Je ne vais pas rogner mes marges"

Pour Jean-Yves Le Bourge, pas question de céder à quelque forme de "pression". "Je ne vais quand même pas rogner mes marges de 25 % pour les Américains ! Nous leur dirons qu’ils ont voté Donald Trump et que ce n’est pas notre faute", tonne ce chef d’entreprise. Jean-Yves Le Bourge est le PDG de Ferotec (35 salariés, 9,5 M€ de CA), au Grand-Fougeray (Ille-et-Vilaine). L’entreprise est spécialisée dans la conception et la distribution de filières (outil utilisé pour réaliser un filetage) et de pièces d’usure pour les presses de l’industrie. Ses consommables partent à 50 % à l’international et notamment aux États-Unis, même si ce n’est pas le principal marché de Ferotec. Face aux décisions de Donald Trump, Jean-Yves Le Bourge veut rester combatif. "Nous pouvons craindre la concurrence, mais ce n’est pas la peur qui va nous guider", dit-il, conscient que ses ventes outre-Atlantique sont plus incertaines. Le dirigeant envisage de trouver d’autres destinations pour ses produits, en se renforçant notamment sur le marché canadien.

Diversifier ses marchés ?

Orienter ses flux commerciaux vers d’autres pays peut être une alternative du moment, si l’accès au marché américain n’est plus rentable. Les experts du commerce international avancent que le seuil de 20 % de taxes peut modifier la stratégie commerciale des entreprises. On y est. "L’Europe, le Moyen-Orient, l’Asie restent des marchés porteurs", pointe Annie Berthelot. Dans le domaine agricole spécifiquement, Delphine Scheck désigne la zone Amérique latine. "Il y a des opportunités croissantes pour les produits français, notamment ceux qui sont labellisés AOP (appellation d’origine contrôlée). Le Mexique, mais aussi le Chili sont friands de fromages et de produits d’épicerie. Des accords commerciaux en cours favorisent les échanges." 'L’american bashing", comme il commence à être observé au Canada pour protester contre des taxes à son endroit, pourrait aussi raffermir les positions de produits européens dans les étals, au détriment des marchandises américaines.

Stirweld, un breton estampillé américain

Pour contourner le problème des taxes, et rester compétitives, les entreprises bretonnes qui tirent aujourd’hui parti des États-Unis seraient peut-être bien inspirées de suivre le chemin pris par la PME rennaise Stirweld (30 collaborateurs, 3 M€ de CA), qui a ouvert une filiale à Détroit, dans le Michigan, il y a trois ans.

Laurent Dubourg, directeur général de Stirweld. L’entreprise rennaise dispose d’une filiale commerciale aux États-Unis, à Détroit (Michigan) — Photo : Carole André

"Depuis qu’on a créé cette filiale, nos ventes ont explosé aux États-Unis", rend compte Laurent Dubourg, cofondateur de cette entreprise qui développe des technologies de soudage à destination des secteurs industriels. Stirweld Inc, du nom de sa filiale, n’est pas un distributeur mais une vraie filiale commerciale et technique. "Elle nous permet d’américaniser notre produit, d’avoir des pièces de rechange disponibles localement et de rassurer nos clients en leur garantissant une réactivité immédiate. Quand ils ont un problème, on leur envoie les pièces directement depuis Détroit, indique Laurent Dubourg. En plus, il faut comprendre que les Américains achètent aux Américains. Ils préfèrent acheter à une société américaine, même si elle est détenue par une entreprise française. Stirweld Inc, pour eux, c’est une entreprise américaine !"

Des projets au ralenti ?

Passer le cap d’une implantation physique aux États-Unis ? La présidente de l’entreprise quimpéroise MCA Process (80 salariés, CA non communiqué), Estelle Le Pape, ne s’y est pas encore risquée. "Cela représente un engagement et un investissement importants", dit-elle. MCA Process est spécialisée dans la conception et la fabrication d’équipements pour l’industrie agroalimentaire. L’entreprise réalise près de 60 % de son chiffre d’affaires à l’export et les États-Unis sont un pays cible pour son accélération d’activité. "Actuellement, nous avons une vingtaine d’installations aux États-Unis, réparties chez quatre clients différents. La première installation remonte à environ six ou huit ans. Le marché américain est intéressant pour nous, car il offre un grand nombre de clients potentiels et encore beaucoup d’opportunités d’automatisation de robots industriels. Les cadences de production sont élevées, ce qui correspond bien à nos machines." Encore en phase de défrichage du marché américain, MCA Process estime que de nouvelles taxes ne mettraient pas en péril son activité, "mais cela peut ralentir certains projets". L’objectif est d’être présents sur plusieurs zones pour compenser les ralentissements."

USA, terre promise ?

Plus largement, faut-il ou non miser sur les États-Unis par les temps qui courent ? Les investissements d’aujourd’hui feront-ils les bénéfices de demain ? Il ne faut pas oublier tout ce que peut avoir à offrir ce vaste pays de 340 millions de consommateurs, qui présente un taux de croissance de 2,8 % en 2024, alors qu’il ne ressort qu’à 0,8 point dans l’Union européenne. Un cadre réglementaire relativement souple, un droit du travail plus flexible, une fiscalité des entreprises attractive, un accès facilité au capital et une culture de l’innovation et du risque sont très souvent des arguments mis en avant pour qualifier le pays de l’Oncle Sam. "Il faut avoir à l’esprit que les États-Unis du business se sentent des ailes. L’arrivée de Trump pour les acteurs nord-américains est une excellente nouvelle. Toutes les barrières réglementaires, et les freins dont on se plaint en France, volent en éclats aux US", fait remarquer Hugues Meili, de retour de New York. Le patron de l’ETI rennaise Niji est aussi président de l’éditeur de logiciel Kurmi Software, une start-up qui compte un bureau à New York. 65 % de son chiffre d’affaires se fait aux États-Unis. "On pourrait se poser la question d’installer notre siège aux USA, même si je ne le ferai pas. Aller de l’autre côté serait pourtant beaucoup plus facile…"

Le Duff, modèle à suivre

Bridor est une réussite bretonne... et américaine. Deux de ses usines sont présentes aux USA, et des investissements sont en cours. Au centre, Louis Le Duff, président du groupe Le Duff aux côtés de Philippe Morin, directeur monde de Bridor — Photo : Bridor

Les États-Unis ont toujours fait figure de "terre promise" dans le monde des entrepreneurs. En particulier chez les Bretons, très tournés vers l’international. C’est de son aventure américaine, lorsqu’il était étudiant à l’université de Columbia à New York et "night manager" le soir dans une crêperie, que Louis Le Duff, le PDG fondateur du groupe agroalimentaire rennais Le Duff (19 000 salariés), a ramené en Bretagne les deux idées qui ont fait son succès : le concept de franchise qui existait peu encore en Europe ; et celui de la restauration rapide, en analysant le mode de vie des Américains. L’empire Le Duff (Bridor, Brioche Dorée, Del Arte…) pèse aujourd’hui 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Les États-Unis sont un vrai réservoir de croissance pour le fabricant de pains et viennoiseries surgelés Bridor qui compte deux usines sur le territoire américain et qui prépare de nouveaux investissements. Une nouvelle usine à Salt Lake City dans l’Utah est notamment en construction.

"Business as usual"

Le groupe vannetais et acteur mondial Socomore (500 salariés et 120 M€ de CA) est une autre belle réussite aux États-Unis. Ce spécialiste des solutions de chimie pour les surfaces dans l’aéronautique compte deux usines, une au Texas et une autre à Los Angeles et emploie 150 salariés. "Il s’agit de rachats successifs d’entreprises que nous avons rassemblés dans ces usines. Nous sommes donc peu touchés par ce qui se passe aux États-Unis", rend compte Frédéric Lescure, son PDG.

Sur le sujet des droits de douane et leurs impacts sur l’économie française, le dirigeant breton estime que "c’est un non-sujet là-bas (peut-être un peu moins depuis le 2 avril, NDLR)". "Il n’y a que nous qui parlions de cela. Nos clients continuent de faire leur business as usual", observe-t-il.

Sigmaphi en phase de conquête

Dans le sillage de Louis Le Duff et de Frédéric Lescure, d’autres entrepreneurs espèrent connaître le même succès. C’est le cas notamment du vannetais Sigmaphi (150 salariés, 26 M€ de CA), spécialiste des électroaimants pour les accélérateurs de particules, qui réalise 30 % de son chiffre d’affaires outre-Atlantique. La société prévoit d’y avoir une filiale commerciale fin 2025 puis d’y ouvrir un atelier d’assemblage. "L’arrivée de Donald Trump n’a pas changé notre stratégie mais notre timing", expose Sébastien Longelin, le PDG de l’entreprise. La PME, qui travaille en co-développement avec des laboratoires américains, pourrait avancer son projet industriel avant que le "Buy American Act" (loi qui prévoit que les produits achetés par l’administration fédérale soient fabriqués de manière substantielle aux États-Unis, NDLR) ne soit renforcé. "Pour l’heure, nous ne sommes pas impactés parce qu’il n’y a pas vraiment de concurrents sur le territoire américain", précise-t-il.

Sébastien Longelin, directeur général de Sigmaphi. La PME vannetaise entrevoit un développement aux États-Unis avec l’ouverture prochaine d’une filiale commerciale — Photo : Ségolène Mahias

Poker menteur ?

Les États-Unis restent donc un pays sur lequel les entrepreneurs continuent de miser. Mais la politique de Trump, voire ses ingérences, en trouble plus d’un. Exemple sur le champ des valeurs avec ces courriers de l’ambassade américaine reçus par de grands groupes tricolores (qui ont gardé l’anonymat). Ils sont invités à mettre fin à leurs programmes internes de lutte contre les discriminations, s’ils veulent continuer à travailler avec le gouvernement américain. Aux États-Unis, Ford, Amazon ou Disney s’y sont déjà pliés…

Les quatre ans à venir risquent d’être longs. Sur le plan des surtaxes, rien n’est moins sûr. Les experts macro-économistes estiment que les mesures ultra-conservatrices de Donald Trump pourraient amener à une récession dans le pays. L’OCDE a abaissé sa prévision de croissance pour 2025, plus nettement pour 2026. "Le président a fait sa campagne sur le pouvoir d’achat, je ne suis pas sûr qu’il veuille que les Américains payent 10 à 15 % plus cher les produits alimentaires importés parce que ce sont des dépenses visibles tout de suite", pointe Hervé Le Méliner de Loc Maria Biscuits. Et Nicholas Beaty du WTC Rennes Bretagne en est persuadé : "L’administration Trump fera le nécessaire pour protéger son économie (comprendre ses usines, NDLR), mais pas au détriment de sa propre économie". Et si le bras de fer commercial imposé par Trump n’était qu’un grand jeu de poker menteur ?

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