Vannes
Sigmaphi ouvre un nouveau chapitre à Saint-Avé
Vannes # Métallurgie # PME

Sigmaphi ouvre un nouveau chapitre à Saint-Avé

Invité du Vannes Morbihan Business Club, Sébastien Longelin, PDG de Sigmaphi est venue présenter les actualités de son entreprise. Spécialisée dans les électroaimants pour accélérateurs de particules, cette PME investit 11 M€ dans la construction d’une nouvelle usine à Saint-Avé. Le tout avec des perspectives majeures de croissance. Le 18 novembre, le club fait intervenir Cyril De Sousa Cardoso, le dirigeant de Polaria à Brest.

Sébastien Longelin, dirigeant de Sigmaphi était l’invité du Vannes Morbihan Business Club qu’anime Yann Plantard — Photo : Hélène Baron

À Saint-Avé, au sein de l’agglomération vannetaise, Sigmaphi s’apprête à franchir une nouvelle étape de son développement. Cette PME, experte dans la conception et la fabrication d’électroaimants destinés aux accélérateurs de particules, investit dans un outil industriel à la mesure de ses ambitions. L’entreprise lance en effet la construction d’une usine de 7 000 m² sur un terrain de 17 000 m², pour un montant total de 11 millions d’euros.

Une montée en puissance vers les 30 millions d’euros de chiffre d’affaires

Implantée à Vannes depuis 1994, après sa création en 1981 à Paris, Sigmaphi emploie aujourd’hui 150 collaborateurs. Mais les locaux actuels ne suffisent plus. "Nous sommes contraints de répartir nos activités sur trois bâtiments, ce qui complique grandement la logistique", explique son président, Sébastien Longelin.


Le futur site regroupera l’ensemble des activités : 6 000 m² d'ateliers et 1 000 m² de bureaux, avec une capacité de levage allant jusqu’à 50 tonnes — une rareté dans le secteur, permettant de manipuler des équipements de très grande taille.

La livraison est prévue pour mai 2026. En attendant, Sigmaphi prépare déjà sa montée en puissance. L’entreprise vise un chiffre d’affaires de 25 millions d’euros dès cette année, avec l’objectif d’atteindre les 30 millions d’ici trois ans. Sa filiale en Chine contribue pour sa part à hauteur de 5 millions d’euros.

Des recrutements à venir

Pour soutenir cette croissance, entre 20 et 30 recrutements sont prévus. Ce nouvel élan industriel marque aussi un véritable renouveau. En 2021, Sigmaphi avait connu une passe difficile. L’entrée au capital du fonds Breizh Rebond, soutenu par la Région Bretagne et les banques locales, a permis de redresser la situation. "Nous sommes revenus à un excédent brut d’exploitation positif. L’objectif est désormais de consolider cette dynamique", précise Sébastien Longelin.

Un projet soutenu par les acteurs régionaux

Ce projet d’envergure bénéficie d’un accompagnement fort des partenaires bretons. SemBreizh assure la maîtrise d’ouvrage, tandis que BreizhImmo, outil régional de portage immobilier, s’associe à Sigmaphi au sein d’une SCI dédiée. Ensemble, elles apportent un capital de 3,7 millions d’euros, complété par un financement bancaire.

Cap sur la fusion nucléaire

Au-delà de l’investissement industriel, cette nouvelle usine ouvre la voie à de nouvelles perspectives technologiques, notamment dans le domaine de la fusion nucléaire. Sigmaphi conçoit actuellement des aimants de pointe pour les Tokamak, dispositifs expérimentaux destinés à exploiter l’énergie issue de la fusion. En partenariat avec une start-up américaine, elle travaille à la miniaturisation de ces équipements afin de rendre la technologie industrialisable d’ici 2035. À terme, cette activité pourrait représenter jusqu’à 30 % du chiffre d’affaires.

95 %

L’entreprise poursuit également ses activités historiques : la recherche (35 % du CA), le secteur médical (35 %, notamment en oncologie), l’énergie (15 %) et l’industrie/défense (15 %).

Enfin, l’international reste un pilier de la stratégie de Sigmaphi, avec 95 % des ventes réalisées à l’export. Si l’Europe demeure son principal marché, les États-Unis y prennent une place de plus en plus importante.

Vannes # Métallurgie # Électronique # PME # International # Investissement industriel