De la betterave à la frite, c’est bien ancrée dans la région que l’histoire continue de s’écrire pour l’ancien site Tereos d’Escaudœuvres. Après avoir accueilli pendant 150 ans une sucrerie, fermée il y a deux ans, il est en passe d’être requalifié par le groupe familial belge Agristo (1,2 Md€ de CA, 1 200 salariés), spécialiste de la transformation de pommes de terre. Et les travaux, lancés depuis le mois de septembre, sont d’ampleur, à la hauteur de l’investissement consenti, de 280 millions d’euros. Pas moins de sept bâtiments, dont certains culmineront à plus de 30 mètres de haut, sont en train de sortir de terre. Ils accueilleront à terme les trois lignes de production qui permettront à Agristo de produire en France des röstis, puis, en 2028, des purées et autres pommes duchesses, et enfin, vers 2030, des frites. À plein régime, 300 000 tonnes de produits finis devraient sortir de l’usine, qui emploiera 300 salariés. Et devrait faire vivre plusieurs centaines d’agriculteurs dans la région.
Un sixième site de production
"Nous n’avons pas choisi cet emplacement au hasard. Nous sommes en pleine Potato Belt, et comme la pomme de terre voyage assez mal, cette usine va nous permettre de nous rapprocher de nos producteurs partenaires. Nous travaillons déjà avec 200 agriculteurs dans la région, nous allons sans doute en recruter une centaine de plus", présente Sylvain Bourdon, le directeur du site. "Escaudœuvres nous rapproche aussi de nos clients, en France bien sûr, mais aussi dans d’autres pays européens."
L’usine, qui sera le sixième site de production d’Agristo, déjà présent en Belgique, aux Pays-Bas et en Inde, devrait porter la production totale du groupe à plus de 1,2 million de tonnes de produits finis à l’année. Elle desservira en premier lieu la France, deuxième marché du géant de la frite après la Belgique. Mais elle expédiera également sa production vers le sud de l’Angleterre, l’Espagne, le Portugal et l’Italie. 50 % de la production d’Agristo est destinée à la restauration, l’autre moitié est vendue, sous MDD, à la grande distribution.
Un outil de pointe
En attendant, un chantier hors norme suit son cours sur le site de 27 hectares. 276 entreprises se seront succédé sur le site, qui peut accueillir jusqu’à 300 ouvriers simultanément. Le tout, sans heurts avec le voisinage, se félicitent Carmen et Kristof Wallays, les dirigeant d’Agristo, qui représentent la deuxième génération à la tête de l’entreprise. Une concertation et un suivi rapproché ont été mis en place avec les municipalités et les riverains, dont certains habitent tout proches du site, pour limiter au maximum les nuisances liées au chantier. Surtout, les futurs bâtiments ont été conçus pour assurer un fonctionnement silencieux du site : les structures en béton limitent la résonance, tandis que la grande hauteur permet d’intégrer les systèmes de ventilation au sein du bâti, et donc d’en limiter le bruit à l’extérieur.
"Nous nous dotons ici d’un outil industriel de pointe, qui montre notre engagement : nous sommes là pour rester", affirme Sylvain Bourdon. "Il nous permettra d’adapter notre production à nos futures innovations, ou aux demandes de nos clients, sachant que nous nous implantons dans un grand pays de gastronomie, à laquelle nous entendons faire honneur," sourit le dirigeant.