Que s'est-il donc passé chez le spécialiste de l'électronique et des systèmes de communication sécurisée, Lagassé Communication et Industrie (LC & I) à Douarnenez? L'entreprise de 220 salariés, rachetée en 2005 par le groupe canadien Lagassé, est en redressement judiciaire depuis décembre dernier. En février, trois groupes concurrents ont manifesté leur intérêt pour une reprise: Eolane dans le Maine-et-Loire (2.500 personnes; 300M€ de CA), Cofidur (Mayenne) et Roux & Co (Morbihan). Les trois offres sont encore conditionnées à l'assurance d'un plan de charge suffisant de Cassidian, filiale du groupe EADS, principal client de la société douarneniste et ancienne maison mère de celle-ci. La remise des offres définitives, irrévocables et sans réserves, est prévue le 15mars. Quoi qu'il en soit, l'effectif devrait être redimensionné. Ces trois dernières années, le chiffre d'affaires a en effet baissé de façon significative. De fait, le CA est passé de 99M€ en 2007, à 92M? en 2008 puis à à 73M? l'année suivante. En 2008, LC&I enregistrait un bon niveau de résultat net (1,5M€). En 2009, elle perdait un gros client, Aastra, qui représentait 20% de l'activité. Yves David, directeur du site évoque surtout l'érosion naturelle des commandes d'EADS depuis la cession de LC & I. «Pour nous, ces marchés représentaient beaucoup de marge. Nous n'avons pas pu les compenser malgré le lancement réussi, en 2009, d'une activité de SAV grand public», explique le DG. Sans doute, l'équipe commerciale était-elle trop restreinte, sur des marchés très difficiles. La sous-traitance des cartes électroniques également est jugée défavorable. «On ne les fabriquait pas. Cela générait des empilements de marge. Alors qu'en général, la carte est un produit d'appel.» «Échec commercial et marketing» Quant à la société Lagassé Technologies, créée en 2008 et liquidée en début d'année, Yves David reconnaît un «échec commercial et marketing». Elle devait fabriquer des produits très sophistiqués en marque propre pour la protection des personnes et des biens en s'appuyant sur son savoir-faire en RFID. En 2009, nous annoncions dans nos colonnes un investissement d'1,5M? en R & D pour celle-ci. En 2011, la SAS avait d'ailleurs reçu un prix pour son système d'antivol de matériels de chantiers «L@borne».
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