Le groupe de loisirs et hôtellerie La Compagnie des Alpes (CDA) a dévoilé ce 2 décembre des résultats annuels de bonne facture pour son exercice 2024-2025, tirés par l’ensemble de ses segments, hôtellerie, parcs de loisirs et domaines skiables. La CDA a ainsi affiché une hausse de 12,8 % (+ 8,9 % à périmètre et taux de change constant) à 1,12 milliard d’euros sur l’année, avec une progression de 19 % pour son activité parcs de loisirs, à 678 millions d'euros, de 7,6 % pour la partie distribution et hospitalité à 125 millions d'euros et enfin une progression de 7,5 % de son activité domaines skiables à 594 millions d'euros, boostée par la hausse du nombre de journée skieurs et la baisse relative des charges d’exploitation. L’actualité a été particulièrement riche sur ce dernier segment en 2024-2025, alors que plusieurs contrats de délégation de service public (DSP) arrivaient à échéance.
Plusieurs contrats sécurisés
Le groupe a sécurisé plusieurs contrats majeurs au sein de stations de ski, qui devraient lui permettre de renforcer sa visibilité à long terme. Cet été, la municipalité de Pralognan-la-Vanoise (Savoie) a retenu la CDA pour la gestion de son domaine de montagne dans le cadre d’une DSP de 25 ans, entrée en vigueur le 1er novembre. Le groupe a également renouvelé deux DSP liées au domaine de Flaine (Grand Massif) : l’une avec le Département de Haute-Savoie pour trois ans et sept mois, l’autre avec la commune de Magland, prolongée d’un an. À Méribel, la DSP couvrant Brides-les-Bains a été étendue jusqu’en 2039. Enfin, un avenant est venu consolider la DSP de Saint-Chaffrey, sur le domaine de Serre Chevalier, jusqu’en 2034.
Renouvellement du contrat d’exploitation de La Plagne
Le groupe d’hôtellerie et loisirs vient surtout de remporter le joyau de La Plagne, qu’il exploitait depuis 25 ans déjà et dont le contrat était arrivé à échéance. "Il s’agit du plus gros contrat de DSP au monde", s’est félicité Dominique Thillaud, directeur général de la Compagnie des Alpes lors de la présentation des résultats. Ce contrat représente en effet un chiffre d’affaires cumulé de 5 milliards d’euros sur sa durée, faisant quasiment doubler le backlog du groupe, c'est à dire le chiffre d’affaires cumulé des remontées mécaniques, portant sur la durée résiduelle des délégations de service public existantes dans les domaines skiables. En contrepartie, la CDA s’est engagée à investir plus de 500 millions d’euros dans la station, afin de moderniser les remontées mécaniques, améliorer les liaisons entre tronçons, et poursuivre le développement de la piste de bobsleigh. Piste qui sera utilisée lors des JO 2030.
Perte du contrat de Tignes
L’année 2024-2025 aura en revanche été marquée par la perte d’une station phare pour la CDA, le conseil municipal de la ville de Tignes ayant décidé fin novembre de recourir à une Société Publique Locale (SPL) pour gérer ses pistes. "D’un point de vue légal, notre DSP à Tignes s’achèvera le 31 mai 2026", a rappelé Dominique Thillaud. Le leader mondial de l’exploitation des domaines skiables exploitait le domaine de Tignes depuis la saison 1989/1990. Si la fin de l’exploitation du domaine skiable devait se traduire par une indemnisation versée à la Compagnie des Alpes de 103 millions d’euros, compensant les investissements engagés par la CDA dans la station, "aucun financement n’a pour le moment eu lieu", a ajouté le dirigeant.
Et les élections municipales pourraient encore changer la donne. "L’équipe municipale en place veut une SPL mais d’autres listes ont des approches différentes. Nous verrons ce que le peuple décidera", a déclaré avec prudence le dirigeant. Si une nouvelle équipe est élue, elle pourrait décider de prolonger le contrat de la CDA le temps de faire un nouvel appel d’offres ou de confirmer qu’une SPL est mise en place.