Malgré la baisse de l’enneigement lié au changement climatique, les domaines skiables de l’Hexagone continuent d’investir pour soutenir leur activité. Ainsi, selon une enquête menée par Montagne Leaders, en partenariat avec Atout France et Domaines Skiables de France, ces derniers ont engagé 555 millions d’euros l’an dernier pour améliorer et diversifier leur offre. La Savoie est le département où les exploitants de remontées mécaniques et les collectivités ont le plus investi, à hauteur de 230,2 millions d’euros, suivi par la Haute-Savoie, à hauteur de 84 millions d’euros, l’Isère (80,16 M€), les Alpes du Sud (71,84 M€) et les Pyrénées 34,9 millions d’euros. Le montant global sensiblement identique à celui de l’année 2024, s’établit toutefois à 50 % au-dessus de la moyenne des dix dernières années et maintient l’investissement "à un niveau record depuis la création du baromètre", souligne l’étude.
"Le niveau d’investissement observé en 2025 demeure élevé, mais il reflète aussi l’intensification des contraintes économiques, réglementaires et climatiques", explique Damien Zisswiller adjoint à la délégation montagnes d’Atout France.
Des nouvelles remontées
Sans surprise et alors que le coût des remontées mécaniques a sensiblement augmenté depuis dix ans, les nouvelles installations représentent la plus grosse enveloppe d’investissement, à hauteur de 281 millions d’euros, soit plus de la moitié du montant engagé l’an dernier. Parmi les investissements majeurs figurent la nouvelle télécabine de Courchevel, exploitée par la S3V, ou encore le nouveau télésiège débrayable de l’Aiguille Percée de Tignes (Savoie) ou la nouvelle télécabine de Roche de Mio, à la Plagne, par La Compagnie des Alpes, qui exploite ces deux stations.
En parallèle, le poste des bâtiments d’accueil s’est affirmé comme le segment le plus dynamique des investissements puisqu’il a progressé de 80 % sur cinq ans : 62 millions d’euros ont ainsi été consacrés à des bâtiments multiservices de grande ampleur, tel que des restaurants d’altitude, des espaces d’accueil, des sanitaires ou des consignes. Ces nouveaux lieux sont aussi une façon pour les stations d’accélérer la diversification de leurs revenus, en aménageant des espaces multisaisons.
De plus en plus soucieuses de leur empreinte carbone, les stations ont également largement investi dans la rénovation de leurs installations existantes : on compte ainsi plus de 220 interventions l’an dernier, pour un montant total de 71 millions d’euros dans près de 100 stations.
Un marché à 12 milliards d’euros
Ces investissements massifs ont porté leurs fruits pour l’attractivité des territoires concernés. Ainsi, chaque hiver, plus de 120 000 emplois dans les massifs français dépendent de l’ouverture des domaines skiables, sans compter les dizaines de milliers d’emplois indirects dans l’écosystème des fournisseurs de la montagne.
Ils ont également permis à la France de se démarquer des autres pays détenant des infrastructures de montagne : au total, sur les dix dernières années (2016-2025), les domaines français ont investi 3,96 milliards d’euros dans l’entretien et l’aménagement des domaines skiables, contribuant à placer la France au second rang mondial en nombre de journées skieurs avec 54,7 millions de journées en 2024/2025. Les stations de ski françaises représentent un marché estimé à 12 milliards d’euros de dépenses réalisées chaque hiver par 10 millions de touristes (2 milliards d’euros de dépenses l’été).
"Les exploitants maintiennent un niveau d’engagement remarquable pour transformer l’offre proposée à la clientèle, été comme hiver, tout en optimisant la structure de leurs coûts d’exploitation et la circulation des pratiquants en montagne", estime Anne Marty, présidente de Domaines Skiables de France.