Après avoir travaillé ensemble durant une dizaine d’années au sein de structures de conseil à Mulhouse, ayant pignon sur rue, elles ont franchi le pas de l’entrepreneuriat. Marie Demuru, Manon Fougeyrollas et Élodie Nickel ont ainsi fondé made., société de conseil en ingénierie à l'actionnariat 100 % féminin. Leur clientèle cible : les industriels de la santé au sens large (pharmacie, medtech, biotech, etc.) toujours depuis la sous-préfecture du Haut-Rhin.
Si on devine chez elles une réelle amitié, c’est avant tout une "confiance réciproque" qui les a encouragées dans cette aventure sur un secteur qu’elles qualifient de "concurrentiel" bien que "sujet à de hauts investissements" en dépit des soubresauts géopolitiques. Ensemble au sein. de made., elles comptent sur la "complémentarité de leurs profils" puisque Marie est spécialisée dans la finance, Manon opère dans la partie commerciale tandis qu’Élodie s’occupe de l’aspect ressources humaines. Cette dernière avait d’ailleurs créé le cabinet "RH & potentiels" appelé à se diluer dans made.
Un bureau ouvert à Lausanne avant Rouen à la rentrée
"J’étais convaincue depuis quelques années de l’importance d’associer un cabinet de recrutement à une société de conseil en ingénierie", souligne Élodie Nickel. Fondée en début d’année, made. revendique aujourd’hui une quinzaine de salariés en CDI dont les consultants qui sont sous contrat avec elles. La moitié d’entre eux opère en Alsace et le reste en Auvergne-Rhône-Alpes, dans le sud de la France et en Normandie, pour "remédier à des pics de charge industriels ou apporter une compétence précise à un moment donné".
Soutenues par Réseau Entreprendre
Bénéficiant du soutien financier de réseau Entreprendre Alsace, dont elles sont lauréates pour l’édition 2026, et d’un prêt participatif émanant de la Sodiv pour la création de quatre postes en CDI, le trio de dirigeantes envisage une forte croissance pour made. qu’elles assimilent volontiers à une start-up. Elles viennent d’ouvrir un bureau à Lausanne (Suisse) et projettent l’implantation d’une antenne à Rouen en septembre.
Un board scientifique en soutien
Pour se différencier, elles ont misé sur l’hyperspécialisation dans le vaste secteur de la santé. "Pour avoir travaillé dans des sociétés de conseil généralistes, on est vite face à des réalités de rentabilité où les consultants se retrouvent parfois à faire des projets qui n’entrent pas forcément dans leur scope de compétences", indique Élodie Nickel.
Hyperspécialisé dans la santé
"L’hyperspécialisation dans le secteur de la santé nous permet de mieux comprendre les enjeux et les évolutions réglementaires du secteur", poursuit-elle. Pour cela, les dirigeantes de made. se sont entourées "d’un board scientifique" composé de quatre experts issus du domaine de la santé qui les accompagne sur les décisions stratégiques et techniques par rapport aux évolutions des marchés industriels de la santé. "Quand un de nos consultants a une problématique précise, on fait appel à eux", révèle Manon Fougeyrollas.
Des contrats dépourvus de clauses contractuelles et restrictives
Made. mise également "sur la pérennisation" de ses relations avec ses consultants dont les contrats sont dépourvus de clauses contractuelles souvent restrictives. "Ces clauses ont souvent tendance à condamner le consultant dans son évolution de carrière", souligne Marie Demuru. Made. réalise aussi du recrutement pour une partie de ses clients. "Cela nous permet d’être hyper agile sur le plan commercial par rapport à la globalité de notre offre", abonde Manon Fougeyrollas. En parallèle, la société mulhousienne recrute actuellement des personnes pour étoffer et encadrer ses fonctions supports afin de soutenir son développement.