Implantée à Saint-Thibault, dans l’Aube, l’entreprise Bioster (15 salariés ; 7M€ de CA) produit et commercialise de la moutarde biologique, à destination des industriels et de la distribution spécialisée, comme Biocoop, Naturalia et Botanic. L’entreprise a progressivement augmenté ses capacités de production : elle produit actuellement une quinzaine de tonnes de moutarde par jour, contre 6 à 8 tonnes en 2019.
"Nous sommes à l’étroit dans notre usine", annonce Arthus de Bousies, le PDG de Bioster. Dès lors, l’entreprise souhaite implanter une usine à Torvilliers, près de Troyes, pour s’engager sur le chemin d’une "croissance réalisable et ambitieuse à la fois, autour des 15 % par an", décrit le PDG de l’entreprise. Bioster est une filiale du belge Bister, qui produit des sauces et des moutardes.
Un investissement prévisionnel de 12 millions
Pour s’agrandir, Bioster mise sur un terrain de 2,4 hectares, à Torvilliers. "Nous devons encore passer devant la commission permanente du département de l’Aube. Si notre demande est acceptée, nous aurons neuf mois pour décrocher un permis de construire", lance Arthus de Bousies. L’objectif serait de construire une usine de 6 000 m², divisée en un tiers pour la production, un autre pour le conditionnement et un dernier pour le stockage.
"Nous anticipons un début des travaux début 2025. Puis il nous faudra 12 à 15 mois pour le chantier. Cela nous amène à un démarrage au premier trimestre 2026. Pour installer l’usine, Bioster prévoit un investissement de 12 millions d’euros.
Développer les ventes à l’international
Bioster commercialise ses moutardes à l’international également, notamment en Allemagne et en Belgique, mais aussi jusqu’en Australie et en Nouvelle-Zélande. L’entreprise réalise actuellement près de 30 % de ses ventes à l’international. "L’objectif est de développer les ventes à l’étranger. C’est l’une des pistes pour accompagner notre croissance. Le made in France a beaucoup de succès à l’international", souffle le PDG de Bioster.
Un objectif de relocalisation
En ce sens, l’entreprise espère progressivement relocaliser sa production. "Notre rêve, ce serait de n’utiliser que des graines françaises : mais il faut développer la filière et la connaissance de la culture. La moutarde est un produit que les agriculteurs ne cultivent presque plus", appuie le PDG de Bioster.
Dans cet objectif, l’entreprise se rapproche progressivement des groupements d’agriculteurs locaux. "Nous avons noué un partenariat avec Cuitot, à Maison-en-Champagne, dans la Marne", précise Arthus de Bousies. Le groupement d’agriculteurs s’est engagé sur près de 90 hectares de moutarde produits pour Bioster.
Pour valoriser sa production française, l’entreprise a mis sur le marché une gamme de moutarde "100 % française". Une autre partie des pots sont commercialisés sous l’appellation "Moutarde de Dijon", jusqu’à sa "Mayonnaise à la Moutarde de Dijon". "Un autre de nos objectifs est de fidéliser une clientèle prête à payer plus cher", continue le PDG.
En parallèle, l’entreprise poursuit ses opérations de R & D, afin de développer de nouvelles recettes et de travailler sur l’optimisation de la production de Bioster. "Nous avons engagé deux personnes en R & D", ajoute Arthus de Bousies.