Bio3G (450 salariés) s’apprête à vivre les prochaines années sur le mode fusée. "Nous prévoyons de doubler notre activité à l’horizon 2030 : nous allons passer de 50 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2024 à 100 millions d’euros", annonce Pierre-Gilles Gérard, le nouveau dirigeant du concepteur et producteur costarmoricain de biosolutions pour l’agriculture et les espaces verts.
Nouveau dirigeant car le fondateur de l’entreprise, Marc Guillermou, a cédé entièrement en décembre son entreprise au groupe suisse Éléphant Vert. Un calendrier arrêté lorsque le groupe avait pris, en 2018, 50 % de Bio3G. Cette première phase du rapprochement n’avait cependant pas dégagé de synergies impactantes, même si leurs gammes (biostimulants à base d’algue pour Bio3G et à base de micro-organismes pour Éléphant Vert) étaient complémentaires.
300 commerciaux sur le terrain
"Ce premier chapitre a été celui de la découverte mais la confrontation de nos marchés respectifs n’a pas permis de dégager de synergies de marché, analyse le Pierre-Gilles Gérard. Éléphant Vert travaille avec l’Afrique, ses petits planteurs soutenus par des ONG et des énormes producteurs de coton, café… pour l’exportation. Le modèle de Bio3G s’adresse lui à l’agriculture intermédiaire, aux pratiques culturales matures, et en vente directe avec ses 300 commerciaux qui se trouvent chaque jour sur le terrain."
Une nouvelle réglementation européenne porteuse de croissance
Si cette deuxième phase va permettre à l’ETI costarmoricaine de booster son activité, c’est grâce à la conjonction de plusieurs facteurs. Le premier se trouve dans le domaine réglementaire. "Une nouvelle réglementation européenne va permettre à nos produits de recevoir le tampon UE plus rapidement alors qu’auparavant, il fallait passer par une longue procédure de reconnaissances mutuelles", explique le DG.
Bio3G réalisait déjà une petite partie de son activité à l’international : 8 millions d‘euros de chiffre d’affaires en Suisse, près de 2 millions d’euros au total en Allemagne, Belgique et Italie. L’ouverture des marchés des autres pays de l’UE devrait booster les ventes. D’autant qu’elles seront portées également par l’équipe commerciale export d’Éléphant Vert.
Bio3G a été l’un des précurseurs des biostimulants naturels
Ces produits qui verront s’ouvrir ces nouveaux marchés cette année et en 2026, le temps des formalités nécessaires, sont ceux développés successivement par BIO3G depuis sa création, il y a 25 ans. L’ETI costarmoricaine a été l’un des précurseurs français des biostimulants naturels, à destination des sols (50 % de l’activité en 2024), des plantes (40 %) et de l’hygiène animale (10 %). Elle compte aujourd’hui un portefeuille d’une vingtaine de produits.
Cette gamme va encore s’enrichir, plus rapidement que par le passé, et compter des produits d’une nouvelle génération. "Bio3G a fait beaucoup mais elle a mis du temps pour y arriver, note le dirigeant, ancien de Roullier, Eliard SPCP et Veolia Agriculture. Nous allons accélérer la R & D avec les 25 chercheurs de notre site du nord de la France, Lipofabrik (acteur des biotechnologies acquis par le groupe suisse en 2022, NDLR), qui viendront s’ajouter aux cinq de Bio3G."
Une nouvelle génération de produits
Grâce à ces ressources supplémentaires, l’ETI costarmoricaine va développer une nouvelle génération de biostimulants, que Pierre-Gilles Gérard appelle les biostimulants 2.0. "Bio3G s’est développé sur les biostimulants à spectre large. Nous passons désormais à des produits qui ciblent un stade précis du développement de la plante. Ces biostimulants 2.0 représentent de plus une étape intermédiaire vers les biocontrôles. Pour faire simple, les biostimulants, c’est la parapharmacie pour les plantes, les vitamines, tandis que les biocontrôles, c’est la pharmacie, les médicaments." Des travaux autour de l’apport d’eau sont par exemple menés.
À la conquête du marché des espaces verts
Le groupe va permettre à l’ETI basée dans le village de Merdrignac d’accéder à ces biocontrôles vers 2028 – 2030. À cette date, les verrous réglementaires français et européens pour l’utilisation de ces produits devraient être levés. Et Éléphant Vert aura un temps d’avance car il les vend déjà en Afrique et aux États-Unis.
Parallèlement, Bio3G va partir à la conquête à plus grande échelle du marché des espaces verts, alors que ses produits s’adressent aujourd’hui principalement au marché agricole. Pour y arriver, l’ETI costarmoricaine va dédier 10 % de ses 300 commerciaux à ce marché. "À terme, nous spécialiserons également une partie de notre force commerciale dans les biocontrôles", précise le DG.
Deux sites de production
Pour suivre tous cette croissance annoncée, Bio3G muscle son outil de production, composé de deux usines. Dans celle de Bellevigne-les-Châteaux (Maine-et-Loire), qui assure 80 % de la production de Bio3G, un premier investissement de 500 000 euros a été réalisé pour augmenter les capacités de fabrication de la gamme sol. Une deuxième phase, en 2026, d’un million d’euros consistera en des travaux de mises aux normes. L’autre site de production se situe à Alès (Gard). Au siège de Merdrignac, Bio3G a également investi 300 000 euros dans un CRM qui sera déployé d’ici la fin de l’année.