Après le raifort, la moutarde et les cornichons, voici les piments. Dans sa stratégie de diversification, Alélor s’aventure sur le marché encore balbutiant des sauces piquantes en France. Le moutardier alsacien, établi à Mietesheim dans le Bas-Rhin qui a réalisé un chiffre d’affaires de 9 millions d’euros l’an dernier, vient de mettre quatre premiers flacons plutôt épicés sur le marché.
Le fruit d’un partenariat avec Hellicious, PME implantée à Scherwiller (Bas-Rhin), qui emploie une dizaine de personnes, commercialise et fabrique des sauces piquantes à partir de piments, comme le Jalapeño et le Habanero, cultivés par une filière maraîchère locale. En effet, le climat de la plaine d’Alsace se prêterait à la culture de ces plantes tropicales au même titre que les tomates par exemple.
Rajeunir la clientèle et coller à l’évolution des tendances des consommateurs
Ces quatre premières sauces, dénuées de conservateurs et étiquetées Alélor, sont disponibles dans près de 200 points de vente dans le nord-est de la France, essentiellement via la grande distribution. Quatre autres déclinaisons devraient suivre d’ici la fin de l’année.
Ce positionnement d’Alélor, qui emploie une vingtaine de salariés et cumule les labels d’Entreprise du Patrimoine Vivant (EPV), PME + et Alsace Excellence, vise à rajeunir sa clientèle tout en collant à l’évolution des tendances observées chez les consommateurs. "Cette stratégie doit permettre à Alélor d’être la marque N° 1 des condiments en Alsace", fait savoir Cédric Gassmann, responsable marketing et communication de la PME. Cette dernière a récemment présenté ses nouveaux produits dans un bar tendance de Strasbourg.
Un ketchup alsacien attendu pour 2026
La gamme de sauces piquantes préfigure l’arrivée, en 2026, d’un ketchup alsacien élaboré par Alélor. Des nouveaux produits qui entraîneront notamment un investissement industriel, chiffré à 2,5 millions d’euros, pour faire évoluer le site de production bas-rhinois.
Vers une extension du site de production de Mietesheim
La société familiale, dirigée par Alain Trautmann et qui exploite également la marque commerciale du Domaine des terres rouges, va procéder à une extension de 1 500 m2 à l’arrière des bâtiments actuels, portant la superficie couverte à un total de 4 500 m2. Elle abritera, d’ici octobre 2026, une nouvelle ligne de conditionnement qui permettra à l’entreprise alsacienne d’augmenter sa capacité de production de 50 %, tout en lui offrant de nouvelles possibilités de stockage.
Les boutiques Alélor se réorganisent
Ce projet, porté avec le cabinet d’architectures Arco, établi à Schiltigheim (Bas-Rhin), comportera en outre 300 m2 de bureaux et servira à améliorer les conditions de travail des équipes d’Alélor qui bénéficieront ainsi d’une nouvelle salle de pause. Cet investissement intervient après un premier plan de 500 000 euros, étalé sur trois ans, pour améliorer le parc de machines et développer l’outil de production à Mietesheim. "Dans l’objectif de poursuivre la stratégie de labélisation, l’agrandissement de l’usine est aussi conçu pour préparer la conversion aux standards IFS (International Featured Standard) des entreprises agroalimentaires", indique Alélor.
Une nouvelle boutique Alélor verra également le jour dans son fief de 680 habitants et complétera celle située au centre-ville de Strasbourg. À l’inverse, les enseignes ouvertes dernièrement à Obernai et Wissembourg (Bas-Rhin), en partenariat avec Colin Groupe (320 collaborateurs, CA : 99 M€ en 2023) spécialiste des ingrédients et des bases culinaires depuis Wingersheim-les-Quatre-Bans (Bas-Rhin), fermeront leurs portes d’ici la fin de l’année. Comme celle de Colmar, en septembre dernier, qui est désormais occupée par un fabricant de pains… d’épices.