Créé en 2017 par Nicolas Fournier, Davy Luneau et Pascal Giraux, Dessintey change de mains. Spécialisée dans la conception et la fabrication de dispositifs de rééducation intensive, la medtech stéphanoise (25 salariés ; 6,5M € de CA en 2024) annonce l’entrée majoritaire du fonds français Arlane à son capital. Le montant injecté et le pourcentage des parts désormais détenues par le fonds d’investissement parisien n’ont, eux, pas été communiqués.
"Une dynamique de continuité"
"Ce changement d’actionnaire s’inscrit dans une dynamique de continuité, offrant à l’entreprise les moyens de poursuivre sa croissance, d’intensifier le développement de nouveaux dispositifs médicaux et d’élargir son empreinte à l’international", indique un communiqué.
En 2019, Dessintey avait bouclé un tour de table d’un million d’euros en amorçage auprès de Sham Innovation Santé, du Crédit Agricole Loire Haute-Loire Capital Innovation et d’un investisseur privé. Une levée de fonds qui avait permis à la medtech stéphanoise d’accélérer la commercialisation de l’IVS3, son dispositif de rééducation post-AVC pour les membres supérieurs basé sur la thérapie miroir. Grâce à un logiciel, une caméra et un système d'écrans, l'IVS3 remplace l'image du membre malade par une l'image créée à partir du membre valide, agissant ainsi sur la plasticité cérébrale et la reconstruction des circuits moteurs et sensoriels.
Depuis, Dessintey s’est imposé comme un acteur de référence dans la rééducation post-AVC et post-traumatique avec notamment la sortie en 2022 de l’ISV4 dédié aux membres inférieurs. Fort d’une croissance annuelle moyenne de 45 %, l’entreprise va boucler l’exercice 2025 à près de 10 millions d’euros de chiffre d’affaires.
Cap sur les États-Unis
Un chiffre qui devrait considérablement progresser avec l’arrivée du nouvel actionnaire majoritaire. "L’entrée d'Arlane à notre capital marque une nouvelle étape de notre développement. Ce partenariat s’inscrit dans la continuité de notre trajectoire de croissance et nous donne les moyens de la poursuivre en renforçant nos capacités d’innovation, d’internationalisation et de structuration", indique Nicolas Fournier, président de Dessintey.
"L’entreprise incarne parfaitement le savoir-faire industriel et technologique français au service de la santé. Notre objectif est de lui donner les moyens de devenir un acteur de premier plan dans la rééducation", abonde Kenza Moumni, associée fondatrice d’Arlane. Dotée d’une force de frappe nouvelle grâce à l’arrivée d'Arlane, la medtech stéphanoise entend bien "accélérer sa présence internationale, notamment en Europe et en Asie, avant une expansion vers les États-Unis à l’horizon 2028".
Multiplier le chiffre d’affaires par quatre d’ici 2030
Dans cette optique, Dessintey a lancé une étude clinique pour récupérer des données patients et s’approprier le fonctionnement américain qui tranche singulièrement avec la France. Aux États-Unis, l’hospitalisation après un AVC ne durant qu’une quinzaine de jours, contre trois mois en France.
L’entreprise prévoit également de mener des opérations de croissance externe ciblées, "notamment en Europe, pour renforcer son offre technologique et clinique et atteindre un objectif de 40 millions d’euros de chiffre d’affaires d’ici 2030".
Côté innovation, la medtech stéphanoise poursuit le développement de nouvelles solutions thérapeutiques dont des programmes de rééducation en séance collective ou en auto-rééducation, "destinés à répondre aux besoins croissants liés au vieillissement de la population, à la pénurie de thérapeutes, et à la nécessité d’intensifier les soins de rééducation".