Une commercialisation pour fêter la décennie. Fondée en 2016, la medtech nantaise Bhealthcare espère mettre sur le marché son dispositif, qui automatise les prises de sang en laboratoire, à l’été 2026. Anciennement incubée au sein d’Atlanpole Biothérapies et de Centrale Nantes, la medtech, qui compte aujourd’hui trente personnes, a développé un automate afin de standardiser cet acte médical. "Actuellement, 70 % des erreurs de diagnostic proviennent du prélèvement. Cette standardisation permet ainsi de fiabiliser le diagnostic", explique Aliaume Breteau, cofondateur et dirigeant de Bhealthcare.
Un équipement pour les déserts médicaux
L’outil de Bhealthcare possède une partie imagerie, qui détecte toutes les veines du bras du patient, et cible la meilleure pour effectuer la prise de sang. Un dispositif robotique pique ensuite le patient en s’arrêtant au cœur de la veine, sans créer d’hématome. Et pour que tout se passe pour le mieux, l’automate possède un écran, diffusant des vidéos afin de calmer les potentielles angoisses du patient. "Cet outil répond au manque de personnel. Par exemple dans certains déserts médicaux, des maisons de santé pourraient s’équiper afin de faciliter la prise de sang une fois celle-ci prescrite par le médecin", argumente Aliaume Breteau. Et au-delà des laboratoires de biologie classiques, qui représentent la cible principale de Bhealthcare, les services d’urgences pourraient aussi utiliser l’automate. "Les soignants auraient ainsi du temps libéré qu’ils peuvent consacrer à des soins", souligne Aliaume Breteau.
Nouvelle phase clinique dans les mois à venir
Bhealthcare a déjà mené une étude clinique exploratoire fin 2023. "Les données sont positives, autant sur la partie imagerie que sur la robotique. Ces résultats nous ont permis de relever des fonds", pointe Aliaume Breteau. Depuis sa création, l’entreprise a déjà récolté 14 millions d’euros, à parts égales entre subventions publiques et investisseurs privés, notamment de business angels et family offices spécialistes du domaine. Dans les prochains mois, Bhealthcare débutera une nouvelle phase clinique afin d’obtenir le marquage CE, synonyme de commercialisation en Europe.
Des précommandes déjà enregistrées
Pour atteindre cette étape, l’entreprise a besoin de lever à nouveau cinq millions d’euros. Et si jamais les investisseurs se montrent frileux, et avaient besoin d’être rassurés sur les attentes du marché, l’entreprise a déjà enregistré une trentaine de précommandes suite à trois accords noués avec des laboratoires européens. "Ce tour de table est déjà bien engagé. Notre déploiement commercial nécessitera ensuite une autre levée de fonds, plus conséquente", précise le fondateur. En parallèle de l’Europe, Bhealthcare se lancera au Moyen-Orient. "Le marché de la prise de sang est mondial. Nous avons notamment discuté avec le ministère de la santé des Émirats arabes unis. Ils ont montré un fort intérêt", poursuit Aliaume Breteau. Le marché américain, lui, suivra dans un second temps. La medtech réfléchit également à la suite. Moyennant quelques adaptations, sa technologie pourrait aussi servir à la pose de cathéters, ou encore pour les opérations de don du sang. Si Bhealthcare n’a bien sûr pas encore les épaules assez solides pour lancer tous ces chantiers à la fois, elle semble tout de même avoir l’innovation dans le sang.