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Sorti de son plan de sauvegarde par le haut, le nantais I-Sep s’injecte de nouvelles liquidités
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Sorti de son plan de sauvegarde par le haut, le nantais I-Sep s’injecte de nouvelles liquidités

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Placé en procédure de sauvegarde durant l’été 2025, I-Sep vient d’en sortir. La medtech, qui développe une machine aspirant le sang épanché au bloc avant de le réinjecter au patient, a ainsi pu étaler ses créances. Elle en a également profité pour lever plus de deux millions d’euros auprès de ses investisseurs historiques. Elle vise la rentabilité en 2028.

Sylvain Picot présente Same, la machine d’I-Sep capable de récupérer les plaquettes et globules rouges du patient durant son opération — Photo : Benjamin Robert

Comme une bouffée d’oxygène, dans un écosystème de la santé qui en manque… Ces derniers temps, l’innovation en santé à Nantes a connu plusieurs déconvenues. Tout d’abord, le départ d’une des biotechs les plus emblématiques de la région, Valneva, qui a mis les voiles. Les liquidations judiciaires se sont ensuite enchaînées, avec celles d’Inflectis Biosciences, puis celle de Goliver Therapeutics. Dans ce climat, la sortie de plan de sauvegarde de la medtech I-Sep sonne comme un bol d’air. Pour s’en sortir par le haut, elle a levé fin 2025 plus de deux millions d’euros auprès de ses investisseurs historiques, soit le fonds Go Capital, ainsi qu’une quarantaine de family offices et business angels de la santé. Et elle espère obtenir un million d’euros supplémentaires dans les mois à venir, grâce à un tour de table auprès de particuliers sur la plateforme Tudigo.

Un étalement des créances bancaires

Fondée en 2015, I-Sep a mis au point un dispositif baptisé Same. Il permet d’aspirer le sang épanché au bloc durant une opération chirurgicale, puis il le lave et le concentre, afin de le réinjecter directement au patient. Ce dernier devient ainsi son propre donneur. En 2022, l’entreprise avait obtenu le marquage CE, permettant de commercialiser son dispositif Same. "On estime souvent que les trois premières années de commercialisation permettent de consolider les données cliniques. Nous intégrons les retours des clients, et améliorons notre logiciel pour qu’il soit véritablement adapté aux conditions réelles", pointe Guillaume Laurent, directeur général d’I-Sep.

Guillaume Laurent a pris la tête de la medtech I-Sep en mars 2025 — Photo : Manuella Aubin

Ce dernier a lui-même placé l’entreprise dans cette procédure de sauvegarde en juillet dernier. "Elle nous a permis d’étaler nos créances bancaires, et d’alléger la pression financière sur l’entreprise", souligne-t-il.

Une validation médico-économique du marché

I-Sep compte aujourd’hui une quarantaine de machines vendues, dont la moitié en France, et l’autre moitié dans le reste de l’Europe, pour un total de 2 000 patients traités. "L’argent est le nerf de la guerre pour les établissements de santé. Après trois ans de commercialisation, nous avons une validation médico-économique de notre outil. Outre les bénéfices pour les patients, Same permet de faire des économies aux centres qui y ont recours", souligne le dirigeant.

Réembaucher après une réduction d’effectifs

Avec une vingtaine de personnes à bord, contre plus d’une trentaine quelques mois plus tôt, I-Sep compte maintenant sur cette nouvelle manne financière pour recruter des commerciaux et avoir des forces de supports cliniques, notamment à l’export. "Après avoir passé le million d’euros de chiffre d’affaires en 2024, et un résultat 2025 similaire, nous visons plus de deux millions d’euros en 2026", note Guillaume Laurent. La grosse partie de ce chiffre est issue de la vente des consommables à usage unique qui viennent compléter le dispositif. "D’ici trois ans, nous espérons prendre 10 % du marché de l’épargne transfusionnelle en Europe", note Guillaume Laurent. Et si le plan se déroule comme prévu, I-Sep pourrait atteindre les 8 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2028, et enfin décrocher la rentabilité. De quoi permettre à la medtech de respirer à pleins poumons.

Nantes # Medtech # Innovation # Start-up # Levée de fonds # Commercial