Une vingtaine de machines déjà vendues, une moitié en France, l’autre dans le reste de l’Europe, et 1,5 million d’euros de chiffre d’affaires sur la période. Voici un premier bilan après un an et demi de commercialisation pour la start-up nantaise I-Sep. Fondée en 2015, la société a mis au point un dispositif baptisé Same. Il permet d’aspirer le sang épanché au bloc durant une opération chirurgicale, puis il le lave et le concentre, afin de le réinjecter directement au patient. Ce dernier devient ainsi son propre donneur.
"Avec Stago, nous avons les mêmes clients"
Afin d’accélérer sa commercialisation, l’entreprise vient de nouer un partenariat avec Stago, une entreprise familiale française, spécialisée dans l’analyse du sang du patient au bloc, et qui possède déjà une filiale au Royaume-Uni. "Nous avons les mêmes clients. De plus, nos deux technologies sont complémentaires et ont une forte synergie", explique Sylvain Picot, fondateur et directeur général d’I-Sep.
Le Royaume-Uni, territoire pilote pour l’Amérique du Nord
Les deux entreprises se connaissent bien. Elles ont déjà pu partager des stands à différents événements, comme le congrès de la Société Française d’Anesthésie et de Réanimation (SFAR). "Quand un chef de service arrive, cela fait sens de voir nos deux solutions d’un coup", argumente Sylvain Picot. Si I-Sep se déploie en parallèle en Suisse, en Allemagne, ou encore en Italie, mettre l’accent sur le Royaume-Uni est loin d’être un choix par défaut. "Leurs centres sont très pointus sur les études médico-économiques. Si notre équipement se vend là-bas, il pourra se vendre ailleurs", avance le fondateur. Il faut dire qu’en dehors de l’Europe, le pays représente aussi une porte d’entrée vers les États-Unis. "Nous espérons atteindre le marché américain avec l’autorisation de la FDA d’ici deux ans. Nous travaillons également sur le Canada, où l’autorisation de commercialisation pourrait être plus rapide", estime le dirigeant.
Un retour sur investissement pour les centres hospitaliers
Équipés du dispositif Same, les centres hospitaliers devraient moins dépenser en produits sanguins auprès des banques de sang. "De plus, ils limitent aussi les risques associés aux transfusions. Cela apporte donc à la fois un bénéfice pour les patients et un bénéfice économique pour les centres", appuie Sylvain Picot. Des études sont d’ailleurs en cours avec les machines déjà déployés, afin d’obtenir des données médico-économiques plus précises sur le temps de retour sur investissement pour les centres hospitaliers.
À la charnière entre start-up et PME
Constituée aujourd’hui de 25 personnes après avoir levé 12 millions d’euros depuis sa création, I-Sep est aujourd’hui en recrutement, notamment pour son déploiement commercial. "Nous sommes dans une phase d’accélération. Nous devrions être à l’équilibre entre nos revenus et nos charges d’ici environ trois ans", estime le dirigeant. L’entreprise cherche ainsi de nouveaux fonds, tout en restant discret sur le montant, pour passer ce dernier cap et atteindre la rentabilité.