La France résiste aux droits de douane américains dans certains secteurs
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La France résiste aux droits de douane américains dans certains secteurs

Dans une étude publiée le 10 novembre, les douanes françaises tirent un premier bilan de la nouvelle politique tarifaire des États-Unis à l’encontre de l’Union européenne. En France, certains secteurs s’en sortent bien et d’autres souffrent.

La France s'en sort mieux que ses voisins européens, à l'exception de l'Italie. "Les exportations semblent mieux résister à l'effet des droits de douane additionnels entrés en vigueur aux États-Unis début avril", indiquent les douanes — Photo : Gilles Paire

Le commerce extérieur de la France s’en sort plutôt bien face à la mise en œuvre des nouveaux droits de douane des États-Unis. Dans leur dernier bilan trimestriel, les douanes françaises tirent de premières conclusions sur les conséquences de ces taxes décidées par le président Donald Trump.

Une anticipation dans le secteur des vins et de la maroquinerie

D’abord, les exportateurs français ont anticipé. "La perspective de mesures tarifaires pourrait avoir dynamisé les exportations de la France et de l’Union européenne vers les États-Unis", écrivent les douanes. Les vins et les produits de maroquinerie français ont été particulièrement concernés par ces hausses. Les exportateurs ont ici fait preuve d’une "anticipation des mesures tarifaires". Au 1er trimestre 2025, les exportations françaises vers les États-Unis ont ainsi fait + 6 % par rapport au 1er trimestre 2024 et les exportations de l’UE (hors Irlande) + 8 %.

La France résiste dans certains secteurs

Autre point intéressant de cette étude : la France s’en sort mieux que ses voisins européens, à l’exception de l’Italie. "Les exportations de la France semblent mieux résister à l’effet des droits de douane additionnels entrés en vigueur aux États-Unis début avril", indiquent les douanes.

Grâce à l’aéronautique, les exportations de la France augmentent légèrement (+ 2 %) entre les trois premiers trimestres de 2024 et ceux de 2025. "L’aéronautique est un des rares produits dont les ventes vers les États-Unis progressent", notent les douanes. La hausse est importante : + 17 % soit + 1,2 milliard d’euros. Les produits chimiques de base sont aussi en forte hausse à + 38 % soit 600 millions d’euros supplémentaires.

-17 %

À l’inverse, les secteurs des parfums et cosmétiques chutent drastiquement de -17 %, soit 360 millions d’euros de moins. Tout comme le secteur des boissons (-30 % soit une baisse de 350 millions d’euros) en raison de la réduction des exportations de cognac, vins et champagnes.

La baisse du dollar aussi en cause

Les droits de douane ne sont pas la seule explication à cette situation. Selon les douanes, il faudrait regarder du côté du cours du dollar. "Un effet collatéral très important des annonces de mesures tarifaires du président Trump a été en effet la dépréciation très significative du dollar", expliquent les douanes. Il s’est en effet déprécié de 13 % par rapport à l’euro de janvier à septembre 2025.

Des reports de flux depuis la Chine

Côté importations, les douanes relèvent "des mouvements atypiques" posant la question de "reports de flux dans les importations françaises depuis l’UE". Les importations originaires de Chine, de Hong Kong, du Canada et du Mexique sont particulièrement concernées par cette tendance.

+ 18 %

Parmi les principaux produits importés de Chine vers la France, les produits pharmaceutiques ont presque triplé en valeur, ceux de la construction automobile ont augmenté de 23 % et ceux de l’aéronautique de 20 % quand ceux d’habillement ont vu des hausses plus limitées, à + 10 %.

Le Canada est aussi à l’origine d’une hausse des flux commerciaux vers la France (+ 18 %). Les produits de la culture et de l’élevage jouent fortement sur cette hausse, tout comme ceux de l’aéronautique et du secteur pharmaceutique.

En juillet dernier, l’UE et les États-Unis ont conclu un nouvel accord tarifaire. Mais pour les douanes, "il est encore trop tôt à ce stade pour évaluer ses éventuels impacts".

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