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De quels outils dispose l’Union européenne pour riposter aux droits de douane américains ?
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De quels outils dispose l’Union européenne pour riposter aux droits de douane américains ?

Depuis l’annonce par Donald Trump de nouveaux droits de douane, l’Union européenne prépare sa riposte. Alors que les 27 ne souhaitent pas alimenter l’escalade de taxes douanières, de quels leviers disposent-ils pour répondre aux États-Unis ? Leur boîte à outils comprend, outre les droits de douanes, des contraintes réglementaires, jusqu’à la possibilité de retirer des entreprises américaines du marché européen.

L’Union européenne dit préparer "avec calme" sa riposte proportionnée aux nouveaux droits de douane américains — Photo : Dogan Mesut

"La réplique ne sera pas française, mais bien européenne", avait prévenu d’emblée Emmanuel Macron, le 3 avril à l’Élysée, en présence de tous les représentants de fédérations professionnelles. Une réponse aux droits de douane américains encore en cours d’élaboration par l’Union européenne.

Des contre-mesures attendues mi-avril, puis fin avril

Le calendrier de la réaction européenne aux nouvelles taxes est connu, même si le contenu, lui, est encore en cours de préparation. "La riposte européenne se fera en deux étapes : une première mi-avril, sur les taxes déjà décidées sur l’acier et l’aluminium. La deuxième réponse, aux tarifs annoncés début avril, se fera à la fin du mois, après un travail secteur par secteur", a détaillé Emmanuel Macron lors de son discours le 3 avril.

Une réponse proportionnée, après négociation

"Depuis le début, nous avons toujours été prêts à négocier avec les États-Unis afin de supprimer les derniers obstacles au commerce transatlantique. En même temps, nous sommes prêts à réagir", a de son côté rappelé Ursula Von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, le même jour. Une réaction que les Européens souhaitent proportionnée, vis-à-vis des taxes américaines et de leur "impact massif" sur l’économie, selon les termes d’Emmanuel Macron.

Une riposte différente des droits de douane

Pour répondre aux droits de douane, l’Union européenne dispose d’une "boîte à outils européenne qui est très complète" et peut être "extrêmement agressive", juge Laurent Saint-Martin, le ministre français du Commerce Extérieur. Dans un premier temps, l'UE devrait publier une liste de produits ciblés avec des droits de douane supplémentaires, en réponse aux taxes sur l'acier et l'aluminium. Cependant, si la réponse de l’Union européenne peut passer par un renchérissement des droits de douane, à l’avenir ce ne sera pas la seule option.

"Nous allons riposter, mais différemment. C’est-à-dire non pas par des droits de douane supplémentaires", a expliqué Eric Lombard, ministre de l’Économie, sur BFM le 4 avril. "L’économie européenne est l’une des plus puissantes au monde […] Nous avons tout à fait les moyens de négocier", selon lui.

Le bouclier "anti-coercition"

Hormis le levier tarifaire, l’Union des 27 dispose également du bouclier "anti-coercition". Prévue à l’origine pour contrer les Chinois, cette mesure permettrait de "retirer les entreprises américaines du marché européen", a expliqué Stéphane Séjourné, vice-président exécutif de la Commission européenne, au micro de France Inter le 7 avril. L'Europe pourrait ainsi fermer les portes de ses marchés publics aux entreprises américaines ou encore entraver leurs projets d'investissement sur le Vieux continent. L’Europe dispose par ailleurs "d’outils de réglementations et d’outils fiscaux", a pointé Eric Lombard, évoquant la possibilité de renforcer les normes sur certains produits en provenance des États-Unis.

L’UE prend le temps d’évaluer les différents scénarios

Près d’une semaine après les annonces fracassantes de Donald Trump, la réponse européenne se fait encore attendre. "Nous agirons de manière calme, soigneusement échelonnée et unifiée", avait d’emblée prévenu Maros Sefcovic, le commissaire européen au Commerce. L’UE prend le temps de modéliser les conséquences de chaque mesure de riposte envisagée, pour ne pas pénaliser l’économie européenne.

La réindustrialisation de l’Europe, meilleur atout dans la guerre commerciale

Lors de son discours, Emmanuel Macron a appelé les filières françaises à faire remonter leurs remarques et à se coordonner avec leur homologue européen, pour obtenir une vision globale de la situation. À terme, la meilleure protection est "d’être plus productif au niveau européen", juge le président français, appelant à "accélérer la réindustrialisation, et la décarbonation - pour réduire la dépendance - ainsi que la protection commerciale".

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