Rhône
La famille Boiron reprend les commandes de l’entreprise
Rhône # Pharmacie # Management

La famille Boiron reprend les commandes de l’entreprise

S'abonner

La famille Boiron, propriétaire des laboratoires éponymes, remercie sa directrice générale Valérie Lorentz-Poinsot. Thierry Boiron, qui lui succède, annonce un virage stratégique ambitieux et risqué.

Directeur général des laboratoires Boiron, Thierry Boiron annonce prendre la direction générale "afin de faire réussir un nouveau cycle de développement ambitieux et risqué" — Photo : Olivier GUERRIN - Olivier Guerrin

Valérie Lorentz-Poinsot, directrice générale des laboratoires Boiron depuis 2019, laisse son fauteuil à Thierry Boiron, jusqu’alors président du conseil d’administration.

Dans un communiqué, le nouveau dirigeant issu de la famille fondatrice, qui détient plus de 70 % du capital, déclare : "Je tiens à remercier Valérie Lorentz-Poinsot pour avoir œuvré sans relâche pendant plus de cinq ans à la direction générale dans un environnement particulièrement adverse […] Je prends aujourd’hui la direction générale afin de faire réussir un nouveau cycle de développement ambitieux et risqué".

L’ex-directrice générale des laboratoires homéopathiques (493 M€ de CA en 2023) implantés à Messimy (Rhône), avait rejoint l’entreprise en 2000 comme chef de produit avant de gravir les échelons au sein de la direction du développement médical puis d’être nommée directrice générale en janvier 2019. Valérie Lorentz-Poinsot avait pris les rênes de l’entreprise en remplacement de Christian Boiron. C’était la première fois que le groupe lyonnais était dirigé par une personne extérieure à la famille.

Capitaine dans la tempête

Le mandat de Valérie Lorentz-Poinsot à la tête de l’entreprise familiale n’a pas été une sinécure. Elle a dû faire face au déremboursement progressif de l’homéopathie, finalisé le 1er janvier 2021, qui avait conduit l’entreprise à se séparer du tiers de ses salariés, soit 646 personnes et de son usine de Montrichard (Loir-et-Cher). Pour enrayer la perte de chiffre d’affaires, elle avait impulsé une politique de diversification : tests Covid, développement de spécialités homéopathiques, cosmétique personnalisée de la société Abbi et gammes de phytothérapie. Et accéléré avec succès sa stratégie à l’international. Aujourd’hui Boiron réalise près de 50 % de son chiffre d’affaires en Europe et aux États-Unis.

Chiffre d’affaires en berne

Las ! Entre 2018 et 2023, le chiffre d’affaires passe de 604 millions d’euros à 493 millions d’euros. En 2023, le marché français, qui représente un peu moins de 50 % du total, régresse de 14,2 %, générant une perte de revenu de 37 millions d’euros. Une évolution causée par la baisse des ventes de tests Covid et des médicaments homéopathiques à nom commun. En conséquence, le résultat opérationnel chute de 50 % à 42 millions d’euros.

Pour mémoire, la famille Boiron détient 70 % du capital de l’entreprise - et plus de 78 % des droits de vote -, aux côtés du fonds d’investissement EW Partners. Anabelle Flory-Boiron, nièce de Thierry Boiron, qui a exercé diverses fonctions dans l’entreprise entre octobre 2003 et janvier 2019, lui succède à la présidence du conseil d’administration.

Rhône # Pharmacie # Management # Nominations