La construction neuve peine à redécoller dans le Finistère. Si le chiffre d’affaires reste stable à 2,322 milliards d’euros pour la construction dans son ensemble, seuls 4 500 logements neufs ont été mis en chantier en 2024 dans le département. Soit une baisse de 16,7 % par rapport à 2023. Le nombre de logements autorisés chute lui aussi (-13,6 %), tandis que les logements collectifs redémarrent timidement mais restent en recul (-1,2 %). Des sujets de préoccupation majeurs pour la FFB du Finistère. "Nous revenons à des niveaux d’activité similaires à ceux de 2020, en pleine crise Covid !", alerte Bruno Poupon, son président.
Pénalités de retard accrues et investissements gelés
En cause notamment selon lui : le raccourcissement des délais d’exécution et l’allongement des délais de paiement qui mettent les entreprises sous pression. Il dénonce aussi "un recours systématique aux pénalités de retard pour optimiser financièrement des marchés privés et publics". Une véritable "épée de Damoclès" qui fragilise la trésorerie des entreprises, et en dissuade désormais certaines de travailler pour des maîtres d’ouvrage jugés "trop stricts, voire abusifs". Au point que la FFB a récemment interpellé le préfet de Région ainsi que le ministre de l’Économie sur le sujet, dans une question au gouvernement déposée par le député Didier Le Gac. "Certaines entreprises doivent provisionner jusqu’à 10 % de leur chiffre d’affaires pour anticiper les pénalités de retard !", s’agace Bruno Poupon.
Autre frein pour le secteur : l’absence de loi de finances, qui engendre le gel de nombreux projets finistériens d’ampleur. "Certains maîtres d’ouvrage importants du département ne peuvent tout simplement plus lancer de programme", se désole Jean-Robert Charlet, secrétaire général de la fédération finistérienne.
C’est notamment le cas de gros donneurs d’ordres tels que le service d’infrastructures de la Marine nationale (Esid Ouest) ou le CHRU, dont les projets d’investissements massifs se retrouvent, de fait, à l’arrêt.
La rénovation menacée par le gel des aides
Seuls points positifs : la construction neuve non résidentielle est en forte hausse, avec une progression de 24,7 % de la surface de locaux mis en chantier dans le département. Ainsi que l’essor de l’entretien-rénovation, un domaine dans lequel la Bretagne dans son ensemble se distingue comme la région la plus dynamique de France (+2,5 % en volume). Mais là aussi, la mécanique se grippe avec le gel des aides du dispositif Ma Prime Rénov' depuis le 1er janvier. Autant de problématiques qui pourraient accentuer le nombre de défaillances d’entreprises dans le Finistère. Des défaillances qui touchent particulièrement le secteur de la construction dans le département et pourraient elles aussi "gripper la reprise du secteur", prévient la FFB du Finistère.