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La cimenterie Eqiom d’Héming, en Moselle, va franchir une nouvelle étape dans la réduction de ses émissions de CO2
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La cimenterie Eqiom d’Héming, en Moselle, va franchir une nouvelle étape dans la réduction de ses émissions de CO2

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En mars prochain, la cimenterie d’Héming, en Moselle, va mettre en service deux nouveaux équipements qui vont contribuer à diminuer l’empreinte environnementale du site. Exploitée par Eqiom, la cimenterie mosellane suit une feuille de route qui doit permettre à sa maison mère, le groupe CRH, d’effacer 30 % de ses émissions de CO2 en 2030.

La cimenterie d’Héming peut produire jusqu’à 900 000 tonnes de ciment par an — Photo : Eqiom - 4vents-2016 - Grandemange Dominique

Le chemin vers la décarbonation est "ambitieux et volontariste", estime Yannick Lauras, le directeur de la cimenterie Eqiom de Heming, en Moselle. Capable de produire jusqu’à 900 000 tonnes de ciment par an avec un total de 135 salariés, le site fait partie du club fermé des plus gros émetteurs de CO2 à l’échelle de la France : 441 000 tonnes ont ainsi été déclarées pour 2022 au SEQE, le système d’échange européen de quotas d’émissions de carbone.

Une réduction des émissions "pas à pas"

"Nous avons une feuille de route à horizon 2050 qui tend vers la neutralité carbone", précise Yannick Lauras. "Nous allons y aller pas à pas, avec notamment des objectifs fixés à horizon 2030." La maison mère d’Eqiom, le groupe d’origine irlandaise CRH, pour Cement Roadstone Holdings, a en effet défini un premier cap : arriver à réduire de 30 % en 2030 l’ensemble des émissions du groupe par rapport au niveau de 2021, sur les scopes 1,2 et 3, soit les émissions directes et indirectes. Un véritable défi pour un groupe qui pèse 34,9 milliards de dollars de chiffre d’affaires et emploie un total de 78 500 salariés, pour lequel chaque entité est concernée. Chez Eqiom, les équipes du cimentier multiplient les contacts avec les start-up pour repérer de potentielles innovations de rupture : car actuellement, sur le marché, il n’existe aucune solution miracle pour décarboner la production de ciment.

Deux chantiers pour une usine

À Heming, deux chantiers vont mobiliser les équipes de la cimenterie d’Eqiom, pour un investissement total de "plusieurs millions d’euros", Yannick Lauras préférant rester discret sur le montant exact. "Nous allons remplacer notre séparateur actuel par un équipement qui sera plus performant en termes de rendement et d’efficacité", détaille le directeur de la cimenterie Eqiom de Heming. Fabriquer du ciment implique de cuire à plus de 1 400°C un mélange composé de 80 % de calcaire et de 20 % d’argile, afin d’obtenir du clinker : derrière la cuisson, une des étapes consiste à broyer le mélange, pour obtenir une poudre homogène.

Moins de clinker, moins de CO2

"Avec ce nouveau séparateur nous disposerons d’un outil nous permettant de régler plus finement la finesse et la courbe granulométrique du ciment. L’objectif, c’est de pouvoir faire baisser la teneur en clinker de nos ciments", précise Yannick Lauras. Dans le procédé de fabrication du ciment, c’est en effet la production du clinker qui émet beaucoup de CO2. En fonction des qualités de ciment, la teneur en clinker peut aller jusqu’à 95 %. "À Heming, nous avons déjà probablement un des taux les plus bas de France, qui tourne autour de 70 %", détaille Yannick Lauras. L’équipement doit être mis en service à la mi-mars et doit notamment permettre de continuer à abaisser la teneur en clinker des ciments produits à Héming.

Amélioration des process et substitution des énergies

Quelques semaines avant, début mars, l’équipe d’Eqiom à Heming aura mis en production un nouveau refroidisseur, à la sortie du four de cuisson. Le chantier a été lancé en janvier, pour une enveloppe en "millions d’euros". L’enjeu est de parvenir à "récupérer un maximum de chaleur afin de baisser la consommation énergétique globale", fixe Yannick Lauras. Une mise à jour délicate de l’outil de production, qui se fera à l’occasion d’un arrêt de maintenance plus classique. Pour parvenir à respecter les objectifs sur la décarbonation fixés par le groupe, le directeur de la cimenterie d’Héming travaille aussi à la substitution des énergies fossiles. Un effort lancé depuis la fin des années 90 et qui permet déjà à la cimenterie d’utiliser "une majorité de combustible de récupération" pour alimenter en énergie son four. "À Héming, nous utilisons des combustibles solides de récupération qui sont issus des filières de tri, ce sont des déchets qui ne sont ni valorisable, ni recyclable", indique Yannick Lauras.

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