La loi de programmation militaire, qui prévoit des dépenses militaires revues à la hausse dans un cadre sécuritaire dégradé (guerre en Ukraine…), incite les banques à agir et à accentuer leur effort envers les PME et ETI qui constituent le socle de la Base Industrielle et Technologique de Défense (BITD).
100 millions d’euros de financement supplémentaires
La Banque Populaire Grand Ouest (siège à Saint-Grégoire près de Rennes, 3 075 collaborateurs), présente dans 12 départements de Bretagne, des Pays de la Loire et de Normandie, vient ainsi d’annoncer l’octroi de 100 millions d’euros supplémentaires pour la filière Défense en 2026, qui s’ajoutent aux 50 millions qu’elle engageait déjà vers cette clientèle.
Sur cette enveloppe complémentaire de financement de 100 millions d'euros, 50 millions d’euros accompagneront les programmes d’investissement de moyen et long terme (nouvelles machines, achat de matières premières et de stock, innovation, export…). Cinquante autres millions visent à répondre aux besoins de financement de court terme du cycle d’exploitation (escompte, affacturage…).
Un produit d’épargne original orienté défense
Un produit d’épargne, le livret Grand Ouest Défense, constitue un nouvel instrument de son offre. Rémunéré au taux de 0,5%, il sera proposé à l’ensemble de la clientèle de particuliers BPGO dans un premier temps, puis aux entreprises "dans trois à six mois". "Nous prévoyons une collecte de 20 millions d’euros par ce biais pour financer les projets des territoires", souligne Benoit Catel, directeur général de la banque.
162 clients de la BITD
La BPGO travaille de longue date avec la BITD française. Elle revendique 162 clients (pesant 2,7 Md€ de CA) sur 436 entreprises tournées vers le secteur de la Défense dans le Grand Ouest, soit un taux de pénétration de 37 %. Pour des raisons de secret bancaire, les noms de ces entreprises ne sont pas dévoilés. Il s’agit pour l’essentiel de sous-traitants qui collaborent avec les grands donneurs d’ordre du territoire (Thales, Naval Group, Chantiers de l’Atlantique) et qui opèrent dans la construction navale, le génie civil ou les systèmes complexes.
Une charte ESG pour l’octroi de crédits
Dans ses octrois de crédits, les critères ESG (Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance) sont évidemment regardés de près. "On a une charte qui définit ce qu’on s’autorise à faire et ce qu’on s’interdit de faire en matière de défense. Ce qu’on s’interdit, c’est ce qui est interdit par l’ONU : les armes à fragmentation, les gaz… On a une nomenclature très restreinte", tient à préciser Benoit Catel. Il n’y a pas de ligne rouge en revanche sur la participation financière à des armes "qui assurent la souveraineté" (d’un pays).
Pas de service défense dédié
Les annonces de la Banque Populaire Grand Ouest interviennent quelques mois après celles du Crédit Mutuel Arkéa, autre établissement bancaire breton de poids, qui avait annoncé la création d’une filière Défense et souveraineté. Chez BPGO, l’ADN militaire est embarqué de longue date dans les équipes. Il n’y aura donc pas de constitution d’un service dédié. "Sur l’ensemble de nos sites, nos clients orientés Défense trouveront toujours un chargé d’affaires pour prendre en considération leurs besoins", expose Benoit Catel. La BPGO a la volonté de continuer de gagner des parts de marché sur son territoire de chalandise. "La relance de projets de souveraineté aura un effet d’enclenchement de nouveaux mécanismes économiques. Les opportunités sont là."