Environ 500 véhicules transportant des voyageurs sont à ce jour équipés de Charly. Possiblement le double d'ici la fin de l'année. Commercialisé au prix de 349 euros l'unité et installé au fond des bus, ce petit boîtier noir déclenche une alarme visuelle et sonore lorsque le contact du véhicule est éteint, obligeant ainsi le chauffeur à se déplacer vers l'arrière pour neutraliser le dispositif. "Personne n'étant à l'abri d'un oubli, surtout à la fin d'une longue journée de travail, il s'agit d'une piqûre de rappel incitant à vérifier qu'aucun passager ou bagage n'est laissé enfermé sur place", précise Loïc Aubin qui a établi en 2022 la start-up Kanopé Innovations pour développer ce système relativement simple d'usage et distribué sans abonnement. Basée à Guer, l'entreprise s'appuie sur Kanopé Mobilités, société créée à parts égales avec le transporteur Linevia (200 salariés et 13 M€ de CA) et actionnaire à plus de 75 %, ainsi que sur la société de R & D Sadal Engineering.
Un marché de 30 000 véhicules à équiper
"Le concept est né dans le cadre d'une réponse à un appel d'offres pour un marché régional de transports publics qui demandait d'établir un protocole de vérification du dernier passager en fin de service", explique Loïc Aubin. Le sujet est très sensible puisque la moindre défaillance peut entraîner des conséquences dramatiques et engager lourdement la responsabilité des transporteurs devant les tribunaux. "On estime à une dizaine le nombre d'enfants oubliés chaque année à l'arrière d'un bus, avance Loïc Aubin. Le problème est encore tabou mais le cadre légal commence à bouger, au Japon notamment, où ce type de dispositif est désormais obligatoire, mais aussi en Europe. Rien n'y est encore très réglementé ou harmonisé, mais il y a une vraie prise de conscience chez les exploitants." Pour Kanopé Innovations, actuellement 4 salariés, le potentiel de développement est colossal avec environ 30 000 véhicules à équiper sur le seul marché français. S'appuyant sur le fabricant bretillien de cartes électroniques Adex, la société espère en couvrir environ 20 à 30 % des besoins.
Un enregistreur valable juridiquement
"D'autres solutions de vérification existent, mais Charly s'en distingue par l'avantage d'être contraignant pour le conducteur, car il l'oblige à s'impliquer physiquement", insiste Vincent Denis, dirigeant de Sadal Engineering. Ayant obtenu une subvention de la région Bretagne de 40 000 €, une deuxième version du boîtier devrait être mise au point d'ici la fin de l'été 2024. Elle devrait intégrer trois nouvelles fonctionnalités : une interface de liaison pouvant renseigner directement l'exploitant, un indicateur du cycle de vie de la batterie de l'engin qui est garanti 7 ans, et enfin un enregistreur qui puisse établir un suivi historique valable juridiquement. En lien avec plusieurs partenaires dont Kéolis Armor, RATP Dev, la régie de transports Linevia, ainsi que les sociétés de transport Le Vacon et Rouillard, une dizaine de véhicules devraient expérimenter ce nouveau modèle d'ici 2025.