Il y a des voiles souples, des rigides, certaines en composites, d’autres qui prennent la forme d’un kitesurf géant ou encore d’un rotor… La multiplication des systèmes de propulsion par le vent pour le fret maritime est édifiante. Parmi ces différents modèles, certains ont le vent en poupe. Témoin de cette dynamique, l’entreprise CWS, qui porte comme innovation une aile asymétrique qui vire de bord, a levé 12 millions d’euros il y a quelques semaines. Pour autant, les outils manquent pour accompagner cette filière en devenir. Comment mesurer l’efficacité d’une voile ? C’est dans cette optique que le centre de recherche technologique de Bouguenais, l’IRT Jules Verne, vient de lancer un nouveau projet. Ce dernier vise à fournir à la filière des méthodes et outils de référence pour mesurer, comparer et certifier la performance des systèmes véliques, dans une logique de fiabilité scientifique.
15,2 millions d’euros sur cinq ans
Accompagné par l’association Wind Ship, ce projet, baptisé Venffrais II, s’étale sur une durée de 5 ans avec un budget de 15,2 millions d’euros, comportant notamment un soutien de France 2030. Il rassemble plus de 23 acteurs du transport maritime français : armateurs, équipementiers, chantiers navals, bureaux d’ingénierie… La coordination scientifique et technique du projet est assurée par le cabinet d’architecture navale Mauric, basé à Nantes et Marseille, qui revendique dans cette filière une place de pionnier.
Établir des standards internationaux
Ce projet va reposer sur une démarche itérative : chercheurs et industriels alternent modélisation numérique, essais expérimentaux et mesures en conditions réelles. Chaque cycle d’étude permettra d’affiner les modèles, l’objectif étant de fiabiliser les protocoles d’essais. En 2026, le projet se focalisera sur les simulations numériques et essais à échelle réduite. L’année suivante, les expérimentations et tests grandeur nature se multiplieront, afin de collecter des données.
Puis, en 2028 et 2029, les acteurs devront élaborer une méthodologie de référence et publier ainsi des standards internationaux. "Le programme Venffrais II est une opportunité unique de fédérer la filière vélique française autour d’un socle commun scientifique et technique de haut niveau", précise dans un communiqué Morgan Le Garrec, chef de projet au sein de Mauric.
Des commandes moins nombreuses que prévu
Depuis plusieurs années, le fret maritime à la voile est promis à un bel avenir. Mais si la dynamique est bien là, avec de premières commandes, elle s’avère toutefois plus faible que prévu. "Pour accélérer l’adoption de ces technologies, il est crucial de garantir la transparence et la fiabilité de leurs performances. C’est là qu’intervient ce nouveau projet : il harmonise les bonnes pratiques et renforce la confiance des utilisateurs", précise dans un communiqué Lise Detrimont, déléguée générale de l’association Wind Ship. Les investisseurs pourront ainsi y voir plus clair, et hisser la voile la plus adaptée sur leur navire.